mercredi 19 décembre 2007

Mémoire européenne

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'Europe de l'après-guerre, le site du Centre virtuel de la connaissance sur l'Europe est un passage obligé. Il réunit en effet plus de 15'000 documents, textes, articles de journaux, lettres officielles, photos, vidéos, cartes, etc...
Pour se retrouver dans cette masse de documents, on peut utiliser le moteur de recherche ou passer par le système de navigation qui donne son nom à la banque de connaissance: European NAvigator. Les documents sont rangés chronologiquement (par événements historiques), selon les institutions (Union européenne ou Conseil de l'Europe par exemple). Plusieurs dossiers spéciaux sont également disponibles, dont le plus récent concerne Willy Brandt. On peut aussi se promener dans la médiathèque et retrouver les documents selon leur type (texte, photos, vidéos, ...).
Le Thesaurus permet d'accéder à des documents selon des thèmes hiérarchisés. On connaît la complexité du jargon européen. Le site offre donc un lexique définissant les termes importants.



http://www.ena.lu/

Ce site s'adresse avant tout à un public de connaisseurs: étudiants, chercheurs, enseignants. Il a un système de navigation relativement complexe. L'accès à un document implique parfois l'ouverture de plusieurs fenêtres du navigateur, ce qui est un peu pénible.

dimanche 16 décembre 2007

Le Visuel est en ligne

On connaît bien le dictionnaire Visuel, qui présente pour des thèmes allant de l'anatomie humaine aux transports en passant par les animaux, des planches précises avec des termes français et anglais. Il permet aussi bien d'étendre le vocabulaire dans sa propre langue que d'apprendre des termes anglais. Disponible aussi en CD-ROM, le Visuel est maintenant en ligne sur Internet.



La version en ligne s'adapte au média. Par rapport au livre, elle offre des animations, des illustrations sonores et même des visualisations en 3D. Elle donne aussi un lien systématique vers Wikipédia, projet dont elle est partenaire officielle. C'est du reste intéressant de connaître les conditions pour un partenariat avec Wikipédia: avoir son propre nom de domaine, ne pas être un site pour adultes et ne contenir aucune publicité pour des sites adultes, atteindre un trafic d'au moins 5 000 visiteurs uniques par jour.

http://www.infovisual.info/

Le Visuel intègre aussi de la publicité, en utilisant le système de Google. Cela donne peut-être une idée de l'encyclopédie que Google est en train de lancer sur le modèle de Wikipédia, sous le nom de Knol (comme knowledge), et dont les articles seront susceptibles de contenir aussi de la pub.
Faut-il diaboliser ce type de publicité. La "réclame" qu'on trouve dans les médias traditionnels nous est imposée. Même si on achète une voiture tous les 10 ans seulement, on doit subir de la publicité pour les voitures entre deux achats. La publicité sur Internet est contextuelle: elle est liée au sujet sur lequel nous effectuons des recherches et peut donc s'avérer utile en nous mettant en contact avec le service dont nous avons besoin. Il ne s'agit pas de messages matraqués, mais d'une micro-pub, de micro-campagnes correspondant au modèle économique de la longue traîne.

http://googleblog.blogspot.com/2007/12/ ... ibute.html

mercredi 12 décembre 2007

Patrimoine portugais

Le site Matriz (Inventário e Gestão de Colecções Museológicas) a pour but de réunir les catalogues des musées portugais dans une interface unique. Il s'insère dans le cadre du programme eEurope et s'est fait sous l'égide de l'Instituto Português de Museus. Plus de 30'000 objets provenant d'environ 25 musées sont accessibles. Il est possible de faire des recherches selon le musée, le domaine, l'artiste, des mots-clés. Les requêtes peuvent également être modulées selon le type d'utilisateur: grand public ou scientifique. Derrière le site se cache, semble-t-il, un système de gestion des collections assez complexe.
La banque de données du site permet aussi de visualiser les objets qui ont été exposés lors d'expositions temporaires. Malheureusement les dates des expositions saisies dans le système laissent penser que le site n'est plus guère entretenu, ou du moins cette partie-là.


http://www.matriznet.ipmuseus.pt/

L'ergonomie est peu efficace. Le site se borne en fait à une interface de requête de banque de données. Il n'y a pas d'outil de valorisation des collections, comme des galeries prédéfinies ou des expositions virtuelles. Vu la quantité d'objets disponibles et leur variété, c'est vraiment dommage. Globalement, dans le domaine de la diffusion culturelle, la mise en ligne d'un catalogue, n'est pas suffisante. Si on veut toucher le grand public, il faut s'intéresser à la visualisation et la valorisation.


Instituto Português de Museus

dimanche 9 décembre 2007

Lire des clous

Quand j'étais étudiante, c'est la métaphore qu'on utilisait pour désigner le déchiffrement des inscriptions cunéiformes, provenant de la Mésopotamie ancienne. La communauté des spécialistes de ce domaine est restreinte. C'est peut-être ce qui explique leur empressement à devenir un réseau virtuel sur Internet, afin de partager leurs ressources et leurs connaissances.
La Cuneiform Digital Library Initiative (CDLI) réunit plusieurs institutions de par le monde: instituts universitaires, musées, bibliothèques. Leur but est de mettre à disposition, sur Internet, des textes cunéiformes. Pour chaque enregistrement (au nombre de 200'000), on peut ainsi obtenir une image sous plusieurs angles de la tablette ou une transcription du texte (sous forme de dessin), une transcription en caractères latins ainsi que toute une série de méta-données. On peut cependant regretter l'absence de traduction des textes, qui les mettraient à disposition d'un public plus large que les spécialistes de la Mésopotamie, notamment à disposition de ceux qui étudient les cultures voisines (Egypte, Grèce, ...).

http://cdli.ucla.edu/


Tablette cunéiforme de l'Institut catholique de Paris

En voyant les images de cette tablette, on ne peut s'empêcher que ce type d'objet devrait être disponible en 3D, afin que le lecteur puisse l'orienter dans tous les sens. Il existe du reste des projets qui vont dans ce sens:

http://ieeexplore.ieee.org/Xplore/login ... er=1240266

Autre site sur les études orientales:

http://www.etana.org/

mercredi 5 décembre 2007

Le Monastère est en place

Le Monastère a enfin rejoint son cadre: le sim Alpine Meadow.



Ses trois principales parties sont presque complètement aménagées, prêtes à recevoir des visiteurs:


La chapelle qui servira de cadre à des expositions


Le cloître avec, en son centre, une fontaine et, pour les fêtes, un sapin décoré


La bibliothèque et le scriptorium

Cet ensemble est l'oeuvre de cinq personnes, venant de pays et même de continents différents. Chacun a apporté ses compétences particulières: construction, textures, scripts, etc.. La collaboration s'est faite naturellement, même si les horaires décalés entre les Etats-Unis et l'Europe ne facilitent pas toujours les choses. Je me souviens que l'une des constructrices arrivait au moment où j'allais me coucher. Nous n'avions qu'un bref moment pour échanger des idées.
La construction du bâtiment ne s'arrête pourtant pas là. Il sera amélioré sans cesse. Nous prévoyons, par exemple, d'y aménager une crypte.

Lien direct (pour ceux qui ont un compte sur Second Life):

http://slurl.com/secondlife/Alpine%20Meadow/216/102/97

samedi 1 décembre 2007

Calendrier de l'Avent

Ouvrir les portes d'un calendrier de l'Avent, c'est aussi possible sur Internet. D'un clic de souris, on découvre des images censées nous préparer à Noël ou bien à calmer notre impatience à l'idée de déballer ses cadeaux sous le sapin.



Deux blogs s'associent pour offrir ce calendrier, Be virtual et Archéofacts. Il est consacré à l'archéologie, d'où son nom de "Calendrier de l'Avant". Jour après jour, le calendrier fera découvrir à ses visiteurs les traces, les vestiges, les débris que les archéologues exploitent pour mieux connaître le passé de l'homme.

;-)Une porte chaque jour, et gare à ceux qui se montrent trop curieux!

Calendrier de l'Avant

Archéofacts

mercredi 28 novembre 2007

Une nouvelle manière de visiter

La firme EveryScape propose des visites interactives de villes, basée sur le principe de la visite virtuelle classique, mais avec des fonctionnalités novatrices.



Il existe trois manières de naviguer dans la ville: il y a d'abord les outils de la visite virtuelle, comme le déplacement sur 360 degrés ou la flèche permettant d'aller dans la direction indiquée. On peut aussi utiliser la carte, à droite, qui contient plusieurs points interactifs. Cette carte provient de Google Map et présente ses traditionnels marques. Enfin, on peut choisir un lieu précis dans la liste des endroits populaires.
C'est donc un type de visite virtuelle un peu plus interactive et surtout plus informative. En effet, on sait constamment où on est, quels sont les lieux intéressants où aller. Des bornes permettent d'ouvrir des informations supplémentaires, le site Web ou d'acheter des espaces publicitaires. Sur le site d'Everyscape, on peut parcourir notamment les villes de New York, Boston, Miami, Aspen et Laguna Beach (Californie).
Cette technologie s'adapte aussi aux intérieurs. EveryScape vend du reste ce service à des commerces, que leurs futurs clients peuvent visiter à l'avance. Vu que le lien avec le site Web est proposé, on en arrivera sûrement à faire du shopping à distance, tout en ayant l'impression d'avoir visité la boutique.
Avant de se rendre dans un endroit, on achetait un guide, on lisait éventuellement un roman dont l'action se situait dans cet endroit. L'univers virtuel d'Internet nous permet de plus en plus de visiter des lieux, avec un détail toujours plus grand. D'un côté, cela donne la possibilité de préparer sa visite. D'un autre, il sera de plus en plus difficile de se laisser surprendre. Ce qui est certain, c'est que les villes et les lieux de visite importants (dont les musées) doivent se poser dès aujourd'hui la question de leur présence interactive sur Internet. Les possibilités sont multiples: un univers 3D (très luxe), une île sur Second Life (plutôt tendance) ou alors un produit basé sur une application géographique.

http://www.everyscape.com/

dimanche 25 novembre 2007

Un nouveau sim dans Second Life: Alpine Meadow

Le troisième sim du CDS (Confederation of Democratic Simulators) était en préparation depuis plusieurs mois. L'idée principale du projet était de lier les deux sims existant: Neufreistadt (une cité médiévale bavaroise) et Colonia Nova (une ville romaine créée sur le modèle de la Cologne antique). Comme Neufreistadt a une altitude élevée et que Colonia est pratiquement au niveau de la mer, ce sim intermédiaire doit avoir une pente avec un degré très fort. C'est donc le thème d'une prairie alpine qui s'est imposé (ou un mayen, si vous préférez...).
Ce sim présente une particularité: afin de conserver son aspect campagnard, les parcelles sont éloignée les unes des autres pour laisser des espaces vides. Grâce à cela, les parcelles sont dotées d'un nombre de primitives (briques de construction) double de celui qu'on a habituellement dans Second Life.
Désormais la vente des parcelles est ouverte à tous. On trouvera tous les renseignements utiles sur la page suivante du forum du CDS:

http://forums.slcds.info/viewtopic.php? ... t&sd=a

Les personnes qui acquièrent une parcelles devront construire des bâtiments respectant le thème: ferme, chalet ou maison forte (petit château). Elles auront aussi droit de cité dans le CDS qui gère ses sims à travers un gouvernement élu démocratiquement tous les six mois et qui s'est doté d'une constitution.

Un seul bâtiment est prévu dans le plan du sim: le Monastère. Il s'agit d'une reconstitution d'un monastère médiéval, vaguement inspiré de celui de Saint-Ursanne (mais sans aucune précision). Ce monastère est désécularisé (donc lié à aucune communauté religieuse). L'achat du terrain a été possible grâce à des dons. Le Monastère sera géré par une ONG qui y développera des activités, essentiellement des expositions, des discussions, des conférences, des performances, des concerts. Le Monastère est ouvert à tous et se veut aussi un lieu d'accueil dans Second Life.


Futur emplacement du Monastère


Place occupée par le batiment


Vue sur la cascade du côté de la bibliothèque


Vue sur le château de Neufreistadt depuis le clocher de la chapelle

mercredi 21 novembre 2007

e-Iliade



Je me dois, de temps en temps, de donner des nouvelles de projets que j'ai présentés dans ce blog. En voici qui me tient particulièrement à coeur. Souvenez-vous! Je vous ai parlé de savants américains qui ont débarqué avec du matériel high-tech dans la vénérable bibliothèque Saint-Marc à Venise, afin de scanner les plus anciens manuscrits contenant le texte de l'Iliade d'Homère.

Homère 3D


Quelques mois plus tard, ces manuscrits sont en ligne et chacun peut se promener à l'intérieur. Je dis bien "promener": les responsables du projet multi-Homère ont repris le système de navigation de Google Map pour permettre aux utilisateurs de lire les différents manuscrits, de se déplacer sur une page, de zoomer pour en agrandir ou en diminuer les caractères.



Même si on ne lit pas le grec, cela vaut la peine d'aller s'y balader, dans ces manuscrits. La qualité de la numérisation est si bonne qu'on perçoit le relief du parchemin. Avec cet outil, plus jamais on ne lira Homère comme avant. Les étudiants et les chercheurs pourront directement s'y reporter plutôt que de se fier à l'apparat critique. Il pourront eux aussi faire leur propre lecture du texte.
Il faut en effet savoir que les textes antiques nous sont parvenus à travers des manuscrits médiévaux qui ont été copiés pendant des siècles dans les monastères. Quand on dispose, pour une oeuvre, de plusieurs manuscrits, il faut les collationner, c'est-à-dire les comparer entre eux. A cela peuvent s'ajouter aussi les citations de parties du texte dans des auteurs antiques ainsi que des sources papyrologiques. Avec l'ensemble de ces documents, on reconstruit un texte qu'on imagine le plus proche de ce que l'auteur a pu écrire. Pour reprendre le jargon cher à ce blog, on actualise un texte virtuel.
Pendant des générations, il a fallu faire confiance à des éditeurs de texte qui avaient pu lire directement le texte sur parchemin ou qui avaient travaillé sur des photos. Aujourd'hui, l'accès à ces documents est direct et ouvert à tous. Ces documents sont sous licence Creative Commons, autorisant tout le monde à les utiliser et à les retravailler, pour autant que la source soit mentionnée et en dehors de toute utilisation commerciale.

Accès au manuscrit: http://chs75.harvard.edu/manuscripts/index.html?ms=u4

Site du projet Homer Multitext Project (Harvard's Center for Hellenic Studies): http://chs.harvard.edu

dimanche 18 novembre 2007

Couverture photo

Albert Kahn est une personnalité peu connue qui se lança dans un projet que l'on qualifier d'utopiste: les Archives de la planète. Souhaitant le rapprochement des peuples, il a financé une couverture photographique des différentes cultures de la Terre. Entre 1901 et 1920, il a réuni 72'000 photographies. Ces images sont en cours de numérisation et elles sont abritées par le musée qu'est devenu la demeure d'Albert Kahn, banquier philanthrope que la crise de 29 a ruiné. Cette collection constitue un témoignage important de la manière dont on vivait au tournant du 20ème siècle dans diverses contrées. L'entreprise inachevée d'Albert Kahn démontrait une grande audace: à l'époque, la technique de la photographie n'était pas à la portée de tous et, de plus, les voyages étaient encore assez périlleux.
Un siècle plus tard... Flickr apparaît sur le Net en 2004. Il s'agit d'un site communautaire de téléchargement et d'indexation de photos. Le principe en est simple: les utilisateurs y téléchargent leurs propres photos (voyages, fêtes, etc...), choisissent le public-cible (famille, amis, tout le monde), la licence (selon les principes de Creative Commons) et ajoutent des mots-clés. Les autres utilisateurs peuvent aussi proposer leurs mots-clés pour telle ou telle photo. Les images s'organisent selon les mots-clés (ou tags), en clusters (approche thématique). Il est aussi possible de géo-taguer les images, donc de les rattacher à un point de la Terre. Il aura fallu deux années pour atteindre une collection faramineuse de 2 milliards de photos. Le cap a été passé le 14 novembre, comme cela est annoncé sur le blog de Flickr.
A l'instar des Archives de la planète d'Albert Kahn, Flickr constitue une sorte de miroir de l'humanité: les gens pourvus d'appareils numériques l'alimentent sans cesse, construisant inlassablement une image du monde. Depuis son ordinateur, on peut ouvrir une fenêtre sur une partie de ce monde. Depuis plusieurs semaines, j'ai intégré dans ma page Netvibes une fenêtre Flickr avec le mot-clé "Louvre". Depuis, je vois ce musée jour après jour, tel que ses visiteurs le perçoivent. Tantôt c'est la Pyramide, tantôt un tableau, tantôt un groupe un peu potache. Je vois ce que les gens voient du Louvre. Je le regarde avec leurs yeux.
Depuis Albert Kahn, les choses ont bien changé. Les archives de la planète se constituent selon les principes du Web 2.0, sur un support très fragible et avec une redondance extrême. J'aime regarder le nuage de mots-clés de Flickr (tag cloud). C'est un peu comme un reflet des préoccupations des gens.



On y trouve les lieux les plus visités. On y voit aussi les pratiques sociales: mariage, fêtes, famille. Les animaux familiers ne sont pas oubliés. Bref, on est entre quotidien et évasion. Un peu comme quand les historiens se mettent à lire les archives: il y a les documents qui font la grande Histoire et puis tous les papiers qui retracent le quotidien des petites gens.

Pour en savoir plus:


Musée Albert-Kahn, Boulogne-Billancourt
http://www.hauts-de-seine.net/portal/si ... RCRD.vhtml

Emission sur Albert Kahn (Canal Académie)
http://www.canalacademie.com/L-action-d ... ert%20kahn

Note annonçant le cap des 2 milliards de photos sur Flickr
http://blog.flickr.com/fr/2007/11/14/2- ... ur-flickr/