dimanche 27 mars 2011

Musées virtuels prêts à l'emploi

Les musées virtuels en 3 dimensions accessibles en ligne sont à nouveau d’actualité. Deux produits au moins sont disponibles. Ils permettent de créer des espaces d’exposition en ligne. Il y a tout d’abord un produit allemand: Kunstmatrix. Il offre trois types de compte. Un compte “Basic” permet de choisir une seule salle entre plusieurs modèles, correspondant à 400 m². On peut y mettre jusqu’à 35 tableaux et 3 sculptures. Il est aussi possible de conserver jusqu’à 200 oeuvres d’art. Une page de profil donne les informations essentielles sur l’exposition et l’artiste (ou le curateur). Enfin la galerie virtuelle s’intègre facilement dans un site Web. L’activation du service coûte 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour la maintenance. C’est une offre idéale pour un artiste qui veut se présenter en ligne. Le compte “Professional” donne plus de possibilités: plus de salles disponibles, modularité de l’espace, gestion des collections et des expositions, présentation des expositions à venir, informations sur les artistes et les oeuvres, conservation de 2000 oeuvres d’art.  L’activation du service coûte également 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour chaque salle. A partir de 3 salles, il est possible d’avoir une réduction. C’est une solution idéale pour présenter une collection de petite ou moyenne taille ou pour présenter plusieurs expositions en même temps. Avec le service “Premium”, il est possible d’avoir son propre bâtiment et des services individualisés ainsi qu’un nombre illimité d’oeuvres. Les prix sont sur demande. Sur le site de Kunstmatrix, il est possible d’accéder à des expositions déjà en ligne. Il est nécessaire d’avoir Flash pour les visiter. Ce n’est donc pas compatible avec les iPads.
Kunstmatrix
Artsteps est une application assez semblable. Elle est aussi basée sur Flash. Elle a deux types de compte “Basic” et “Premium”. Tous deux sont gratuits actuellement (pour les 10’000 premiers inscrits). Le compte Basic ne permet d’avoir qu’une exposition permanente, alors que le compte “Premium” autorise la création d’expositions temporaires pour lesquelles il faut payer. Artsteps a créé sa propre monnaie (credit) dont on peut acquérir des espèces en payant avec Paypal. Cette monnaie permet ensuite de payer la location des salles, soit 2500 credits par mois. Il faut 10 € pour acquérir 5000 credits. Artsteps présente deux avantages: il offre la possibilité de publier gratuitement une salle d’exposition. De plus, il est possible de créer son musée virtuel directement en ligne. Nous avons testé Artsteps en archivant une des expositions présentées au Monastère dans Second Life:
L’application est un peu lente parfois, mais ses fonctionnalités sont simples et intuitives. Le téléchargement des images et leur indexation sont simples. En ce qui concerne les objets exposés, on peut choisir différents types de cadre. La navigation est relativement aisée, même si les espaces sont parfois étroits.
Artsteps
Les deux applications permettent aussi d’exposer des objets en 3D. Malgré l’avantage de la navigation via un navigateur Internet et donc sans la nécessité de télécharger un logiciel supplémentaire, ces deux applications génèrent des expositions très standardisées. A mes yeux, Second Life ou Open Sim restent des alternatives intéressantes: on peut y construire soi-même son bâtiment avec beaucoup plus de possibilités, disposer les salles à sa guise, intégrer des textures. Les objets peuvent être animés. Second Life ou Open Sim sont aussi des réseaux sociaux qui permettent de rencontrer d’autres visiteurs, de discuter avec eux et, surtout, de travailler à des expositions à plusieurs directement en ligne. Et tout cela, pour un prix comparable en ce qui concerne Second Life (en tant que locataire) et même moindre en ce qui concerne Open sim où on peut obtenir un sim complet pour 20 à 40 US$, sans frais de mise en service.
Exhibition Famous Lovers in Second Life

dimanche 20 février 2011

La chimie amusante


La chimie est l’une des disciplines les plus rébarbatives des sciences naturelles. Néanmoins tout le monde se rappelle de Gaston Lagaffe et de sa chimie amusante dont les résultats étaient aléatoires.
La chimie amusante de Gaston Lagaffe
Quand la chimie est illustrée par une équipe de scientifiques, elle-même animée par un journaliste et vidéaste, elle devient intéressante. Les chimistes de l’Université de Nottingham ont tout d’abord illustré tous les éléments de la table de Mendeleev et ils sont en train d’améliorer ces premiers films. Le principal présentateur, par ailleurs réel professeur de chimie à l’Université, a des allures de savants fous, mais les informations livrées sont rigoureusement exactes.
The Periodic Table of Video
Ces chimistes en ont réalisé d’autres films liés à des questions fondamentales ou d’actualité. Ils ont par exemple consacré une vidéo à la marée noire du Golfe du Mexique, où il est expliqué que les plumes des oiseaux attirent le pétrole brute dès qu’elles entrent en contact avec elles. Cela explique pourquoi les oiseaux sont à ce point atteints. Pour la Saint Valentin, cette équipe de chimistes a même concocté un nouveau parfum, à base de vodka et de vanilline.
Une belle manière de raccrocher avec cette discipline un peu rébarbative.

jeudi 3 février 2011

Communautés en ligne, co-création et e-réputation

La seconde journée à Lift a été essentiellement consacrée aux communautés en ligne, à leur engagement dans des projets de co-création et aux conséquences que la participation à ces communautés peut avoir pour la réputation des individus qui en sont membres.
Chris Headcock a rappelé que l’histoire du Net se confond avec celle des communautés en ligne. Qu’on se rappelle Usenet ou les mailing lists. Du reste, ces communautés ne sont pas toutes sur le Web. Il y a beaucoup de communautés invisibles (pour Google), qui se créent à travers des applications pour téléphones portables.
Plusieurs orateurs se sont alors penchés sur la question de l’engagement de communautés en ligne dans des projets. Pour Nick Coates, la co-création a débuté bien avant la naissance d’Internet. Nous la (re)découvrons un peu comme Monsieur Jourdain découvrait la prose. Le Web donne simplement de nouveaux outils de collaboration et permet d’accéder à un réseau humain beaucoup plus large. La co-création ne se confond ni avec la collaboration, ni avec le crowdsourcing. C’est un processus qui doit être géré et dont le but est de produire quelque chose de concret. Le projet Fiat Mio, présenté par Gabriel Borges dans une masterclass, peut servir d’illustration à cette problématique. Fiat Brésil a décidé de créer une voiture-concept avec l’aide des clients. Une plate-forme collaborative a donc été lancée. Elle a attiré 19000 participants inscrits et recueilli 11000 idées. Ces idées ont débouché sur des spécifications qui ont été publiées sous une licence Creative Commons. Ces spécifications ont ensuite été interprétées par les designers et les ingénieurs de Fiat qui ont créé un modèle fonctionnel. Ce modèle a été présenté au salon de l’automobile de Sao Paulo en 2010.
Fiat Mio
La discussion qui a suivi l’exposition de ce projet a été très nourrie. Certains participants se demandaient si on ne serait pas arrivé à un résultat analogue avec un processus classique. Il est probable que oui. Où est donc l’avantage de l’implication d’une communauté dans un processus de création ?
Nous avons peut-être affaire à un changement de paradigme profond. Si l’on reprend l’histoire de la voiture, au départ, il y a les inventeurs eux-mêmes. Voilà pourquoi tant de marques de voitures portent le nom de leur créateur (Porsche, Chevrolet, Opel, …). Ensuite ce sont des équipes d’ingénieurs et de designers (aidés peut-être par le service de marketing) qui conçoivent les modèles. Ils impliquent certainement des utilisateurs au cours de leurs recherche, mais sans ouvrir le processus à tout le monde. La voiture, comme beaucoup d’autres objets de notre quotidien, est devenu un objet lié aux désirs profonds de l’individu. Jean-Claude Biver nous disait qu’on n’achète pas une montre pour connaître l’heure: c’est bien plus que cela.L e consommateur souhaite s’impliquer dans le processus de création: on parle de plus en plus de consommacteur. Tous les individus ne participent pas, loin s’en faut. Tiffany St James a rappelé que ceux qui participent de manière intense à Wikipédia ne représentent que 1% des participants. Les autres observent, mais savent que leur participation est ouverte. On n’arrive peut-être pas à de meilleurs produits avec un processus de co-création en ligne, mais les consommateurs ont le sentiment de mieux pouvoir s’approprier ces produits.
Reste à voir les conséquences de cette vie intense passée dans des communautés en ligne. C’est la question de la e-réputation. On est passé des petits villages où tout le monde savait tout sur tout le monde à l’anonymat des grandes villes. Puis Internet et les médias sociaux sont arrivés. Comme l’affirme Brian Solis, nous avons trois vies: une vie publique, une vie privée et une vie secrète. Les médias sociaux contribuent à les mêler. On retourne à un village global dans lequel ce sont des algorithmes qui calculent l’indice de réputation des gens qui participent.
Brian Solis affirme que ce qui peut jouer contre nous peut aussi jouer pour nous. Nos activités en ligne contribuent à notre capital social. A chacun de participer et de faire grimper ce capital.

mercredi 2 février 2011

Intelligence collective et révolutions


La première session de Lift2011 s’est faite l’écho des événements récents dans le monde arabe. Le propos du premier orateur, Don Tapscott, l’auteur de l’ouvrage MacroWikinomics, portait sur l’émergence d’un âge de l’intelligence collective (Age of Networked Intelligence). La révolution tunisienne s’est faite sans leader, contrairement aux révolutions du 20ème siècle. C’est pourquoi il la qualifie de wikirévolution. A ses yeux, il fallait attendre une génération de “digital natives” pour qu’une telle révolution survienne. Ces “digital natives” sont informés, peuvent accéder au savoir facilement, mais en même temps, ils sont dans un monde sans réelles perspectives. Pour qualifier ce qu’il faut faire afin d’arriver à cet âge de l’intelligence collective, Don Tapscott use d’une métaphore informatique: il faut “rebooter” les affaires et le monde. Il évoque cinq principes fondamentaux permettant ce redémarrage: la collaboration, l’ouverture, le partage, l’interdépendance et l’intégrité. Parmi les modèles qu’il donne, il oppose aux journaux traditionnels (même en ligne) le Huffington Post. Aux rencontres internationales, il préfère des actions collaboratives concrètes comme Ushahidi. Il compare cet âge de l’intelligence collective à l’intelligence d’un essaim d’oiseaux dans lequel aucun leader ne guide les mouvements. Si personne ne doute des valeurs liées à cet âge de l’intelligence collective, on est en droit de se demander ce que devient l’individu dans cette nouvelle ère et ce qu’il advient de son libre-arbitre. Les desseins de cette intelligence collective sont-ils les mêmes que ceux des individus qui la nourrissent? Question philosophique s’il en est.
L’exposé de Ben Hammersley avait un certain écho avec le précédent, dans la mesure où il montrait la coexistence de deux générations. L’une vit dans un monde pyramidal, fait de hiérarchies, où chacun connaît sa place. L’autre, faite de gens très jeunes, est plongée dans un monde de réseaux et ses logiques d’association sont basées sur les seuls intérêts. Au milieu, il y a nous, c’est-à-dire les gens qui assistent à des conférences comme Lift ou leurs semblables. Les blocages sont issus du fait que ceux qui vivent dans un monde pyramidal ne peuvent pas comprendre qu’ils ne peuvent pas comprendre ce qu’ils ne comprennent pas (They can’t understand that they can’t understand what they can’t understand). Charge à nous (le fameux nous) de leur expliquer …
They can't understand that they can't understand what they can't understand
David Galbraith, l’un des inventeurs du format RSS et co-fondateur de Yelp, a évoqué le rôle des utilisateurs dans ce que sera le futur Internet. Il a notamment montré en quoi des systèmes de recommandation basés sur des humains valaient mieux que ceux qui sont basés sur des algorithmes. Il vaut mieux recourir à Facebook qu’à Google pour savoir où se trouve le meilleur sushi bar.
Jean-Claude Biver est venu parler de l’innovation. A ses yeux, nous devons innover depuis le premier jour où nous sommes nés. Pour cela, il faut accepter les erreurs. L’enfant naît avec des jambes sans savoir marcher. Il va essayer et tomber des centaines de fois. A chaque fois, son cerveau apprend et l’enfant finit par savoir marcher. L’apprentissage par erreur est un processus positif. Pour lui, il faut essayer de garder cette attitude innovatrice, créative et ne pas se laisser mettre en forme par des différents systèmes auxquels nous sommes confrontés. L’innovation et la créativité sont plus importantes que le savoir, qui peut s’acquérir. Pour innover, il faut être le premier, il faut être unique et il faut être différent.
Matthias Lüfkens, directeur associé au WEF, nous a fait un petit cours de Twiplomacy. Il a montré, cartes à l’appui, comment les chefs d’état utilisent Twitter et comment ils s’échangent des messages entre eux. Ce sont les chefs d’état sud-américains qui utilisent le plus ce moyen. L’orateur a relevé que le président russe, Medvedev, publiait lui-même ses messages dans Twitter et postait aussi des photos dans Twitpic. Arnold Schwarzenegger utilisait même Twitter pour dialoguer avec ses concitoyens en répondant à leurs questions. Grâce à Twitter, les leaders deviennent plus proches de leurs administrés et peuvent entamer une conversation.
Twiplomacy: Amérique du Sud

mardi 11 janvier 2011

Hululement

La chouette dort le jour et vit la nuit. Elle scrute autour d’elle grâce à ses grands yeux ronds et son cou agile. On entend au loin son hululement sans jamais la voir. La chouette est une belle métaphore de l’accroc aux réseaux sociaux qui passe de longues veillées derrière son écran, en brassant d’énormes quantités d’informations (pas toujours utiles) et en postant des messages à tout va sans être sûr d’être repéré. C’est peut-être pour cela que les créateurs de Hootsuite ont choisi de faire allusion au hululement de la chouette (hoot) en nommant leur application. Cette dernière est censée aider les grands utilisateurs des réseaux sociaux à suivre et à gérer leurs différents comptes.
Image: John Morris (Flickr)
Hootsuite permet de lire et d’écrire sur plusieurs réseaux sociaux, notamment sur Twitter et Facebook. Cette application peut vous faciliter la vie. Vous devez, par exemple, publier une annonce importante sur Twitter. Mais à ce moment-là, vous êtes occupé à une autre tâche ou bien vous dormez. Il suffit d’écrire son message dans Hootsuite, d’indiquer l’heure et la date de publication et de sélectionner les réseaux sociaux où il doit paraître. On peut aussi saisir des fils RSS dans Hoosuite et déterminer dans quels réseaux sociaux on veut les diffuser. Suprême raffinement, l’application permet même de saisir un message standard d’annonce comme: “J’ai écrit dans mon blog”.
A travers Hootsuite, on peut créer un flux correspondant à une recherche dans un des réseaux sociaux comportant plusieurs mots-clés. Il ouvre un accès à la recherche Twitter. Il constitue un outil de monitoring intéressant.
Hootsuite comporte d’autres fonctionnalités. Il a un module de statistiques analysant votre activité dans Twitter. Il permet aussi de laisser un collaborateur accéder aux réseaux sociaux, ce qui peut être pratique pour des comptes d’entreprises ou d’institution. Hootsuite comporte aussi un gestionnaire de tâches. La version gratuite est cependant limitée. Une version professionnelle permet de suivre plus de fils RSS et d’intégrer plus de collaborateurs.
Cet outil a beaucoup de fonctionnalités. Il sera intéressant de voir si elles trouveront toutes des utilisateurs. En attendant, pendant que la chouette hulule au fond des bois, les internautes peuvent dormir tranquilles. Leurs comptes dans les réseaux sociaux sont sous bonne garde …

mercredi 1 décembre 2010

Fast knowledge

On lit de moins en moins de livres et on parcourt des textes de moins en moins long. Même un article de Wikipédia peut sembler fastidieux à lire. Qwiki est un moteur de recherche qui veut donner une nouvelle expérience de la connaissance. Plutôt que de retourner une liste de liens, il crée une brève animation, qui peut durer entre 45 secondes et 1 minute et demie. Un algorithme assemble divers éléments multimédia tels que des vidéos, des photos, des cartes, des infographies. Tous ces éléments proviennent de sites ouverts comme YouTube, Wikimedia, Fotopedia ou Google Maps. Les infographies sont générées par le site lui-même à partir des données trouvées: pour les personnages, on voit des timelines indiquant la durée de la vie ou l’âge actuel alors que pour d’autres sujets, on obtient des graphiques. On peut cliquer sur chaque élément qui apparaît pour accéder à sa source. Il est ensuite possible de redémarrer l’animation. Tout au long de l’animation, une voix synthétique lit des extraits de l’article de Wikipédia correspondant à la recherche, pratiquement mot à mot. Bien sûr, cela ne fonctionne qu’en anglais et la lecture des termes qui sont dans d’autres langues est hasardeuse.
Qwiki
Qwiki n’est pas sans rappeler Wolfram Alpha, le moteur de recherche basé sur des données structurées et qui est capable d’opérations diverses, comme calculer la quantité de calories ingérées à partir de la liste de ce qu’on a mangé au déjeuner. La comparaison s’arrête là. Alors que Wolfram Alpha va s’appuyer sur des sources solides et effectuer de nombreux types d’opérations, Qwiki ne fait qu’illustrer des paragraphes issues de Wikipédia avec des images ou des vidéos de manière un peu aléatoire. En effet, à part certains éléments comme les cartes ou les graphiques, les documents montrés ne sont guère en rapport avec le texte utilisé. Il ne semble calculer que des choses simples, comme la durée de la vie d’une personne. Qwiki est à Wolfram Alpha ce que le hamburger est tournedos Rossini, une vague approximation. A sa décharge, il faut dire que les données utilisées ne sont pas vraiment simples à exploiter. Rien n’est moins bien structuré que Wikipédia ou rien n’est moins bien indexé que les images sur Internet.
Qwiki est cependant en version Alpha maintenant. Les résultats sont malgré tout bluffant. Il y a peu de documents totalement hors propos. Ce moteur de recherche va certainement encore s’améliorer. Néanmoins on peut s’interroger sur l’impact qu’il pourrait avoir sur ses utilisateurs, en cas de succès. Qwiki, c’est quand même un peu du tout cuit. Le résultat apparaît sous une forme sophistiquée, mais accessible sans effort. Il donne l’impression d’avoir été monté par un humain et s’impose à l’esprit. Ce n’est donc pas avec ce genre d’outil que l’on va aiguiser le sens critique des internautes.
Pour la petite histoire, parmi les personnes qui se trouvent derrière Qwiki, on peut mentionner Louis Monier, qui n’est autre que l’un des fondateurs d’Alta Vista, le premier moteur de recherche du Web. Une histoire à suivre sans doute …

jeudi 25 novembre 2010

En avant la musique !

Transformer l’iPad en un instrument de musique permettant à chacun, y compris ceux qui n’ont aucune notion de solfège, de jouer de la musique, tel est le but de l’application “Magic Fiddle”. Elle a été créée par Smule, qui a déjà produit Ocarina, qui transforme un iPad en flûte.
Avec Magic Fiddle, le iPad se transforme en violon. Un bref tutorial donne les bases nécessaires à l’éxécution de morceaux simples. On entraîne les arpèges et puis on se lance. Une série de pièces sont déjà disponibles dans l’application et il est possible d’en acheter d’autres. Parmi les morceaux disponibles: Pomp and Circonstance, l’Ave Maria de Shubert, le Canon de Pachelbel et divers airs de Noël.
Le tutorial attire l’attention du débutant sur l’importance de la position (debout) et sur la manière dont il faut tenir son instrument. Ce dernier comporte trois cordes.  La distance entre les cordes est réglable dans les paramètres. Il faut aussi jouer avec quatre doigts.
Magic Fiddle
Une fois le tutorial exécuté, il faut se lancer. Les notations musicales sont simples à comprendre: un petit trait de lumière vient frapper la corde à l’endroit où il faut jouer. C’est très simple et avec un peu d’habitude, les doigts “attrapent” les notes. L’application donne rapidement l’impression que l’on joue. Bien entendu, il s’agit d’une exécution un peu mécanique, rappelant les orgues électroniques pour enfants et leurs codes de couleurs.
L’application indique à l’utilisateur après chaque exécution combien de notes justes il a joué. Il lui accorde aussi une médaille de bronze, d’argent ou d’or. Cela permet de progresser, mais cela transforme aussi la musique en jeu d’habileté.
Comme Ocarina, Magic Fiddle est une application qui permet de partager son art avec le monde entier. Pour peu que l’on soit d’accord, ce qu’on joue est associé avec notre position sur le globe. D’autres utilisateurs peuvent essayer de trouver des musiciens sur la carte et les écouter. L’avantage, c’est qu’on réalise vite qu’il y a moins bon que soi …

dimanche 24 octobre 2010

Révélations des manuscrits

Avant que la technologie ne permette de numériser les manuscrits les plus rares et les plus fragiles, l’accès à ces documents n’était possible qu’à de rares privilégiés, qui ont passé tous les obstacles imaginables et obtenu les autorisations nécessaires. Aujourd’hui, les manuscrits sont lisibles directement sur Internet. Des fonctionnalités sophistiquées permettent de les parcourir et de les agrandir. Les chercheurs du monde entier peuvent y accéder sans mettre de gants ou signer de décharge, de même que les amateurs de littératures souhaitant connaître mieux les auteurs qu’ils admirent. Le King’s College vient de mettre en ligne les manuscrits de l’écrivain anglaise Jane Austen (1775-1817). Ces manuscrits témoignent de l’ensemble de l’oeuvre de Jane Austen, de ses jeunes années jusqu’à sa mort. Ils proviennent d’une collection restée dans la famille de l’auteur, jusqu’au décès de la soeur de Jane. Ensuite de quoi, ils ont été dispersés dans plusieurs bibliothèques. Leur numérisation permet de les réunir à nouveau. Le matériel photographique utilisé est le même que celui qui a servi à la numérisation des manuscrits de la Mer Morte. Chaque saisie dure environ 2 minutes.
Extrait d’un manuscrit de Jane Austen numérisé
http://www.janeausten.ac.uk
Parallèlement, une transcription diplomatique (c’est-à-dire respectant l’orthographe, la ponctuation, les lettres majuscules et minuscules, les mots biffés, les annotations) a été réalisée. Ce texte est disponible en format XML, permettant d’indiquer dans des balises les différentes particularités du texte, par exemple les variantes orthographiques. C’est le standard du Text Encoding Initiative (TEI) qui a été utilisé pour la mise en forme de cette transcription. Une édition imprimée est également prévue.
 http://www.tei-c.org
L’étude des manuscrits des auteurs est essentielle pour le travail d’édition d’une oeuvre. Elle permet aussi de comprendre comment un auteur élabore son texte: ce dernier peut faire l’objet de nombreuses corrections ou être écrit sans rature. Le manuscrit permet aussi de découvrir quelques surprises. A en croire une experte de l’Université d’Oxford, Jane Austen était mauvaise en orthographe, en ponctuation et en grammaire, ce qui laisse supposer l’intervention d’un correcteur.
Jane Austen, sa piètre orthographe et son relecteur de talent, Le Monde (24.10.2010)

dimanche 26 septembre 2010

Lire avec un iPad

Je me trouvais un jour dans le train, occupée à lire sur mon iPad quand un homme d’une soixantaine d’année s’est approché. Il m’a dit qu’il avait lui aussi un iPad et il voulait savoir comment on lisait des livres avec cet appareil. La réponse à cette question n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Il existe plusieurs applications permettant de télécharger des livres directement sur l’appareil et donc de les lire sans connection Internet. La plus connue est celle qui est livrée avec l’iPad: iBooks. Elle se présente sous la forme d’une étagère sur laquelle les livres sont disposés. Actuellement, elle offre des ouvrages gratuits essentiellement du domaine public (pour la plupart du projet Gutenberg). La majorité des ouvrages sont en anglais, mais il y a tout de même un choix de livres en français,  en allemand, en espagnol, en italien et en latin.
iBooks
L’application a d’intéressantes fonctionnalités rendant la lecture des ouvrages très attractive. Il est possible de copier du texte, de rechercher un terme dans le dictionnaire (en anglais seulement), de surligner un passage, d’écrire une note et de rechercher un terme dans l’ouvrage en cours de lecture, puis sur Internet. L’index permet de voir tous les signets et les notes. Evidemment, il est possible d’agrandir la police de caractère, de la modifier, de régler la luminosité et la couleur de fond (blanc ou sepia).
L’application Stanza est assez proche d’iBooks, même si elle se contente d’une liste d’ouvrages à la place d’une étagère. Elle permet d’accéder à un fond de textes du domaine public et à certaines maisons d’édition (dont O’Reilly). Outre le dictionnaire et la possibilité d’écrire des notes, il est aussi possible de partager un extrait sur Facebook et Twitter ou de l’envoyer par mail.
Enfin l’application Kindle donne accès au catalogue d’Amazon, ce qui correspond à une offre importante. La présentation des ouvrages est assez sommaire: on voit les couvertures, mais il n’y a pas d’étagère. Même s’il n’est possible que de surligner et d’annoter, l’application offre une fonctionnalité intéressante. Si elle est installée sur plusieurs appareils (iPhone, iPad, ordinateur) et utilisée avec le même compte, elle permet de synchroniser l’état de la bibliothèque et de la lecture. Si on lit quelques pages dans le train, on peut retrouver la page où l’on s’est arrêté quand on reprend sa lecture sur son portable. De plus, les passages surlignés sont agrégés par l’application et il est possible de voir quels passages ont été considérés comme intéressants par d’autres lecteurs et combien d’autres les ont mis en évidence. On s’achemine vers une sorte de lecture collective.
Parallèlement aux applications donnant accès à des bibliothèques gratuites ou payantes, il y a des applications-livres. Il s’agit essentiellement de livres illustrés ou de livres pour enfants, mais pas exclusivement. Les livres pour enfants sont très attractifs. Dans “La souris qui voulait manger un chat“, l’histoire est lue par une voix off.
La souris qui voulait manger un chat
L’iPad et les appareils similaires donnent une autre dimension à la lecture. Elle devient de plus en plus discursive. Le contexte est rapidement accessible. On peut partager facilement ses opinions, réactions, émotions. De plus, il devient possible de savoir comment les lecteurs, globalement, lisent un livre et ce qui les intéresse.

mardi 31 août 2010

Châteaux vus du ciel

J’ai passé mes vacances dans la vallée de la Loire à visiter les châteaux des rois de France. Ces châteaux sont tous impressionnants par leur architecture. Ils sont souvent entourés de magnifiques jardins. En rentrant, je me suis demandée si on pouvait les voir dans Google Maps. Je n’ai pas été déçue du résultat. Chenonceau
Le château de Chenonceau enjambe le Cher. Il est entouré des jardins voulus par Diane de Poitiers et Catherine de Médicis.
Chenonceau
Un modèle 3 D du château de Chenonceau est disponible dans Google Earth.
Cheverny
Le château de Cheverny a servi de modèle à celui de Moulinsart, dans les aventures de Tintin.
Chanteloup
La pagode de Chanteloup et son bassin, c’est tout ce qu’il reste du grandiose palais que s’est fait construire le duc de Choiseuil, un ministre en disgrâce de Louis XV. Ce bâtiment imitant une pagode chinoise était en vogue à l’époque.
Chanteloup
Pagode de Chanteloup
Chambord
Le château de Chambord était une halte de chasse de François 1er.
Chambord
On peut s’en approcher grâce à Street View.
Bien entendu, rien ne remplace la visite de ces monuments où chaque pierre, chaque marche d’escalier, chaque linteau raconte une page de l’histoire de France. Mais on peut déjà apprivoiser ces lieux en ligne …