mardi 31 juillet 2012

Web TV

Après plus de 15 ans de bons et loyaux services, ma télévision a pris sa retraite. Il s’agissait encore d’un modèle avec un tube cathodique, d’une taille relativement modeste. Autant dire que son successeur, quel qu’il soit, sera plus impressionnant.
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Je me disais qu’un simple téléviseur à écran plat ferait l’affaire. Mais en me promenant dans les travées d’un magasin multimédia, j’ai été frappée par un modèle. Non seulement il s’agissait d’une smart tv, c’est-à-dire d’une télévision qui peut accéder à Internet, mais en plus elle était dotée de commandes vocale et gestuelle. J’ai craqué. L’objet ramené à la maison, j’ai débarrassé vite fait les bibelots de la cheminée. C’est là qu’elle trône maintenant. Les essais n’ont pas été décevants. Bien entendu, on peut faire l’expérience du 3D. Dans ce domaine, les retransmissions des Jeux olympiques de Londres nous gâtent. Presque tout est en 3D. Essayez la natation ou le vélo! Les ralentis sont bluffants. Et on ne parle pas de la F1! Mais l’accès à Internet se révèle très intéressant. La télévision est munie d’un navigateur qui permet de surfer sur n’importe quel site. Pour le gérer, on peut utiliser la télécommande, ce qui est un peu pénible. La commande par geste est plus rapide, quand on a de l’exercice. On peut aussi connecter des tablettes ou des smartphones. Enfin il est aussi possible de connecter un clavier USB. Le plus intéressant est le monde des applications. Il est possible d’installer une application permettant, contre payement, d’assister depuis son salon à un concert d’un orchestre symphonique de renom en direct. Bref, cette télévision n’a plus grand chose à voir avec le tube cathodique de grand-papa. Elle permet au téléspectateur d’être actif. Figurez qu’avant l’achat de cet appareil, la télévision constituait pour moi une sorte de somnifère. J’arrivais rarement au bout d’un épisode des Experts ou bien je fusionnais deux épisodes en un (avec quelques contradictions dans l’intrigue). Depuis que cette smart tv trône dans mon salon, Morphée a perdu toutes ses batailles. Peu importe sa marque (en l’occurence, il s’agit d’une marque coréenne), elle démontre une fois de plus que l’avenir d’Internet ne réside pas seulement dans les ordinateurs. Au fait, je dois encore tester Skype sur ma nouvelle télé!

samedi 30 juin 2012

Université virtuelle

Apple a lancé en janvier une nouvelle application pour ses appareils mobiles: iTunes U. Cette application permet de suivre des cours provenant d’Université du monde entier ainsi que de collèges ou de divers institutions comme des musées ou des bibliothèques. Ces cours sont offerts sous forme de vidéos ou de podcasts. Parfois une documentation complémentaire est également disponibles. La majorité des contenus sont en anglais, mais on trouve certains cours dans d’autres langues comme le français (Collège de France par exemple) ou l’allemand.
iTunes-U
Les cours couvrent une grande variété de domaines: sciences, mathématiques, robotique, informatique, mais aussi histoire, archéologie, littérature, sciences sociales, etc. Il est possible de suivre des cours provenant d’universités prestigieuses comme Standford, Oxford. Quand on regarde le détail, il y a des cours introductifs, d’autres plus spécialisés. Les vidéos sont souvent des plans fixes, avec quelques diapositives. Parfois on a affaire à un montage plus soigné. Tous les cours sont gratuits. Dans certains cas cependant, le cours disponible dans iTunes U est un produit d’appel n’offrant que des extraits. Il faut acquérir le cours complet dans Apple Store.
Cette application ouvre des perspectives intéressantes dans le domaine de l’éducation. Elle ne remplacera certainement pas les instituts d’enseignement. Elle permet d’accéder au savoir depuis chez soi, de comparer les contenus pour choisir l’université ou le cours qui nous convient. Elle permet aussi de transformer le format des cours, de l’étendre. Une partie du cours se fera en classe, alors qu’une autre pourra être suivie à distance.

vendredi 29 juin 2012

Pinterest: le plus muséal des réseaux sociaux

Flickr est un site de partage d’images avec des fonctionnalités sociales qui avait certainement une vocation muséale. Il a réuni en quelques années plusieurs milliards d’images que ses utilisateurs ont indexées. You Tube est devenu une sorte de musée de la télévision dont le curateur est l’ensemble de ses contributeurs. Avec l’arrivée de Pinterest, voici un nouvel acteur dans les réseaux sociaux à vocation muséale. Pinterest permet de partager les images présentes sur le Web qui nous ont frappé ou les images des utilisateurs. Le résultat est magnifique: des images de grande beauté sur la page d’entrée, comme si un curateur les avait choisi. En fait de curateur, c’est la communauté qui les choisit. Cette prépondérance de l’esthétique explique peut-être pourquoi Europeana, la ressource virtuelle de l’Europe en matière de musée virtuel a choisi d’être présente sur Pinterest. Le résultat? Plusieurs galeries d’images sur des thèmes comme l’art nouveau, Barcelone dans le passé , …
Europeana in Pinterest

samedi 2 juin 2012

Leçon d’astronomie grâce à la réalité augmentée

Quoi de plus romantique que d’admirer les étoiles dans le ciel nocturne ? C’est encore mieux quand on connaît le nom des constellations et des divers corps célestes. Le petit manuel d’astronomie et la lampe de poche, c’est désormais fini. Il suffit de se munir de son iPhone ou de son iPad, d’installer l’application “Carte du ciel” et de se coucher sous les étoiles. L’écran montre tous les corps célestes qui se trouvent dans la direction où il est pointé. L’utilisateur peut faire apparaître des informations en surimpression à propos de chaque étoile ou planète. Il est possible aussi d’agrandir la partie du ciel observée ou de visualiser certains objets comme la lune, le soleil, les planètes en 3D.
Carte du ciel
Cette application est un exemple de réalité augmentée, c’est-à-dire la superposition d’informations sous forme de texte, d’image ou d’objets en 3D à ce que nous percevons de la réalité et ceci en temps réel. La réalité augmentée semblait hors de portée il y a quelques années, quand il fallait de lourds dispositifs pour en faire l’expérience. Je me souviens d’avoir essayé un système de réalité augmentée il y a une dizaine d’année à Ars Electronica, à Linz en Autriche. J’ai enfilé une combinaison par laquelle j’étais suspendue. Je portais un casque avec des lunettes qui étaient en fait des écrans sur lesquels je me voyais voler sur un paysage urbain futuriste.
Ars Electronica
Mais grâce aux tablettes et aux téléphones portables, c’est une époque révolue. Les programmeurs ont su tirer parti d’éléments comme le GPS, la boussole, l’accéléromètre (pour situer l’appareil dans l’espace en temps réel), l’écran, l’appareil photo ou la caméra (pour la superposition d’informations). La réalité augmentée peut avoir de multiples usages: guides touristiques, reconstitutions de monuments antiques, éducation, art, etc. Gageons qu’elle va prendre une place de plus en plus grande dans notre paysage informationnelle.

Virtual Broad Art Museum

Eli et Edythe Broad consacrent une partie de leur immense fortune à des projets liés à l’éducation, la science et les arts. Grâce à un don de 26 millions de dollars, l’Université d’Etat du Michigan se verra doté d’un musée consacré à l’art. Ce musée présentera des collections allant de l’Antiquité à l’art contemporain. Le bâtiment présentant des surfaces d’exposition de plus de 18’000 m2 a été dessinée par l’architecte Zaha Hadid. Dans l’attente de l’ouverture du musée, prévue en automne 2012, le Eli and Edythe Broad Art Museum vient de lancer son pendant virtuel.
Créé par des artistes de renommée internationale, John Fillwalk et Adam Brown, l’espace virtuel reflète l’architecture du musée réel, conçue par Zaha Hadid, et fournit un lieu novateur et accessible de partout pour la présentation  d’œuvres numériques interactives. Quatre œuvres originales ont été créées par John Fillwalk pour le lancement du projet.
Virtual Broad Art Museum - Flickr Gettr
Parmi celles-ci, on peut mentionner Flickr Gettr qui connecte la plateforme de partage d’images Flickr à l’environnement virtuel du musée. Le visiteur entre un mot dans un champ de recherche et les images liées à ce terme apparaissent. L’application génère aussi un nuage de mots associés, ce qui permet de varier les images.
Virtual Broad Art Museum - con|FLUENCE
Les visiteurs de l’exposition con|FLUENCE créent des chemins basés sur les réactions à l’environnement tant social que spatial. Pour l’instant, le musée semble un peu vide. Des oeuvres d’autres artistes seront progressivement intégrées dans l’espace virtuel.
Pour visiter le musée, il n’est pas nécessaire de créer un compte. Après être entrés dans le musée virtuel, les visiteurs sélectionnent un avatar pour se déplacer à travers l’espace grâce au clavier ou à la souris. L’avatar est réduit à sa plus simple expression, plutôt forme que personnage. Les visiteurs ont la possibilité d’interagir avec d’autres utilisateurs grâce à une fonction de chat. Il est aussi possible de tenir des conférences virtuelles et des spectacles avec un maximum de 100 visiteurs.
Le musée a été créé avec le logiciel Unity 3D qui nécessite l’installation d’un plug in. Les visiteurs du musée virtuel peuvent l’explorer en utilisant leur navigateur Web.

Ne manquez pasl'éclipse de lune

On ne réjouissait de pouvoir observer une éclipse totale de lune, d’admirer une lune rousse dans le ciel noir. Le ciel nocturne est voilé. Manque de bol! Grâce à Internet, il est possible de voir tout de même notre satellite coloré de rouge. Un site permet de visualiser les images prises par des télescopes répartis dans le monde.
Eclipse de lune sur Slooh
Slooh est une société qui permet aux astronomes amateurs d’utiliser à distance des télescopes (source).
http://eclipse.slooh.com/ (http://www.slooh.com/)
Par ailleurs, Google a publié sur sa page une animation montrant le phénomène de l’éclipse.
Eclipse sur Google

Promenade virtuelle dans un cimetière

Les cimetières sont des lieux intéressants, notamment ceux des grandes villes. Ils abritent des tombes de personnalités. Ils recèlent également des sculptures remarquables. De fait, ils sont souvent visités par des touristes. La ville de Lyon offre désormais la possibilité d’effectuer une promenade virtuelle dans le cimetière de Loyasse.
Cimetière de Loyasse
Cimetière de Loyasse
Cimetière de Loyasse
Le système de navigation est celui de Street View. En cliquant sur certaines tombes, on obtient des informations sur le monument. Il est aussi possible de voir l’intérieur de caveaux remarquables.

Flot d'informations

Une session de la Conférence Lift12, à Genève, était consacrée aux informations qui nous submergent à un tel point que nous n’arrivons plus à les gérer. Anaïs Saint-Jude, responsable du BiblioTech Program à l’université de Stanford, a présenté une intervention intitulée “Perspective on information overload”. Elle a relevé que ce n’est pas la première fois, dans l’histoire de l’humanité, que l’on a ressenti cette impression d’être dépassé par la masse d’informations à disposition. La Renaissance a vu une explosion des connaissances: on a redécouvert l’Antiquité et l’horizon s’est élargi à l’Amérique. De surcroît, l’imprimerie a permis une meilleure diffusion de l’information. La présentation avait du reste pour sous-titre “De Gutenberg à Zuckerberg”. C’est au cours de cette période que de nouveaux outils ont été créés pour permettre de digérer l’information et de la diffuser sous une forme qui la rendait accessible à un nombre important de personnes et non plus aux seuls érudits. Anaïs Saint-Jude a évoqué la figure de Théophraste Renaudot (1586 – 1653) qui a donné son nom à prix littéraire prestigieux. En 1631, il a créé La Gazette, le plus ancien journal publié en France. C’est l’origine du travail journalistique qui recherche l’information et la rend sous une forme plus simple à comprendre.
Anaïs Saint-Jude a aussi montré le rôle essentiel de la correspondance dans la diffusion d’informations et la création de réseaux, bien avant Facebook. Rappelons en passant que Balzac lui-même avait fait la connaissance de Mme Hanska grâce à une lettre. C’est suite à une correspondance enflammée qu’ils ont décidé de se rencontrer. Mme Hanska vivait en Pologne, Balzac à Paris. La rencontre a donc eu lieu à Neuchâtel, en Suisse.
Si on remonte plus haut dans le temps, on peut aussi admettre que l’Antiquité a dû faire face à une quantité d’informations importante. C’est pourquoi, à l’époque hellénistique, des bibliothèques ont été mises en place. La plus célèbre était celle d’Alexandrie. Cependant disposer des rouleaux sur des étagères n’amenait pas grand-chose. Il fallait encore mettre en place un inventaire, ce qui ne fut pas tâche facile.
Page d'une édition imprimée de Platon datant de la Renaissance
Chaque période a trouvé des solutions pour gérer l’information. La nôtre ne fera sans doute pas exception. Cette session de Lift12 est restée muette sur les possibilités actuelles de gérer l’information. A mon sens, elles vont se développer dans deux sens. Tout d’abord la curation faite par des experts ou des intermédiaires et qui ne peut faire l’économie du cerveau humain. Avec pour désavantage de nécessiter des ressources importantes en personel. Ensuite des solutions basées sur des métadonnées et des algorithmes permettant de traiter des masses importantes d’informations. Autrement dit le Web sémantique.

jeudi 31 mai 2012

D'un simple geste


Il y a quelques jours, j’ai installé le logiciel Flutter sur mon ordinateur. Grâce à lui, je peux démarrer ou stopper la musique que j’écoute sur iTunes d’un simple geste de la main. Il suffit de placer la paume devant la webcam pour obtenir un effet. Et c’est très pratique. Vous écoutez de la musique tout en écrivant un texte alors que le téléphone sonne. Il n’est plus nécessaire d’ouvrir iTunes. Il suffit de lever une main pour faire cesser la musique tout en décrochant le téléphone de l’autre main.
Depuis longtemps, écrans et claviers accompagnent invariablement l’ordinateur au point que la plupart des gens pensent que ces éléments en font partie. Pourtant ces accessoires ne sont pas toujours nécessaires. En d’autres termes, il existe diverses manières d’interagir avec une machine. Le geste constitue sans doute l’une de ces manières. Le succès de la Kinect en témoigne. Ce périphérique permet de contrôler des jeux vidéo sans utiliser de manette. Il est destiné à la Xbox, mais il a été détourné de multiples manières. Il existe aussi une grande variété d’accessoires, comme le joystick ou tout ce qui a pu être conçu pour une autre console de jeu, la Wii. Enfin les tablettes et les smartphones illustrent bien comment on peut se passer d’un clavier.
La voix permet également d’interagir avec un ordinateur et cela depuis longtemps. Siri a mis en évidence cette possibilité sur iPhone. Les ordinateurs sont aussi capables de parler. Ainsi les personnes aveugles peuvent utiliser un ordinateur ou accéder aux données sur Internet, car ils reçoivent toutes les informations à travers la voix synthétique de l’ordinateur. Le fameux lapin Nabaztag pouvait lire les courriers électroniques et les fils RSS. Il serait du reste tout à fait envisageable d’arriver au bureau et d’entendre une voix lire les principaux messages reçus et donner la liste des rendez-vous de la journée.
Des essais sont en cours maintenant afin d’utiliser la pensée pour manoeuvrer un appareil. Cet usage est surtout envisagé en médecine: grâce à un tel dispositif, un patient peut guider une prothèse (lire cet article).
On a conçu pendant trop longtemps l’ordinateur comme un appareil de bureau, obligeant des humains à passer un temps énorme assis devant un écran. Mais il est possible d’interagir différemment avec Internet, de l’intégrer aux objets du quotidien et de garder ses mains libres.
Mains libres

Photo: Flickr

dimanche 29 avril 2012

Second Life est-il mort ?

Lors d’une réunion, j’ai entendu quelqu’un prendre Second Life comme exemple d’une application qui a eu un immense succès, puis a disparu. Ceux qui affirment cela ne prennent pas souvent la peine de vérifier leurs dire. Second Life continue à exister et à s’améliorer. Il est désormais possible d’utiliser des éléments de construction plus grands, ce qui permet d’économiser les fameux “primitives” ou formes fondamentales, qui sont limités sur une surface donnée. Les meshes peuvent être importés et employés pour créer des objets sophistiqués ou même des vêtements. Cela permet essentiellement de travailler en dehors du monde virtuel, puis d’importer ses créations. Linden Lab déploie des efforts pour créer une communauté et pour mettre en valeur les lieux les plus intéressants sur son guide des destinations.
J’ai donc décidé de reconstruire mes deux principales bâtisses dans Second Life. L’une est la Domus Arriana, du nom de mon avatar. Son plan s’inspire des villas urbaines d’Herculanum. La demeure est bâtie en longueur et possède un jardin à péristyle. Dans le triclinium, j’ai mis sur les murs les peintures de la Villa des Mystères de Pompéi. Le mobilier provient en grande partie du magasin de mon amie Alexia.
Domus Arriana
Domus Arriana
Domus Arriana
Domus Arriana
Domus Arriana
Domus Arriana
J’ai également entrepris une restauration du Monastère. J’ai l’intention de rénover le bâtiment, tout en laissant quelques éléments de la bâtisse originale. Pour l’instant, la bibliothèque, la salle de réunion et la crypte ont été refaits. L’intérieur de la chapelle a été entière restauré, mais le bâtiment lui-même doit encore l’être.
Monastère
Bibliothèque du Monastère
Crypte du Monastère
Salle de réunion
Chapelle du Monastère
Le travail de construction a beaucoup changé. De nombreuses créateurs proposent des éléments de construction: colonnes, cadres de fenêtre, portes, toits, … On devient de plus en plus un assembleur. Cela rehausse bien sûr la qualité des bâtiments ainsi que du mobilier.
L’avenir de Second Life est difficile à prédire. La récession américaine se fat durement ressentir. De nombreux sims ont été abandonnés. Mais le monde virtuel est financé essentiellement grâce à la location des terrains et aux transactions commerciales sur la plateforme d’achat SLMarket. En revanche, les technologies 3D ont un avenir. Depuis peu, le cinéma en 3D a suscité l’engouement. Les utilisateurs se sont habitués à voir les objets sous tous les angles. Pour la mise en valeur de certains types d’information, la 3D est particulièrement intéressante.