dimanche 29 mai 2011

Salle Rubens en 3D

Le Musée des Beaux-Arts d’Anvers offre, sur son site Internet, une visite virtuelle d’une salle consacrée au peintre Rubens. Le visiteur peut déplacer son regard dans la salle, regarder les tableaux et en obtenir une description en cliquant dessus.
Salle Rubens en 3D
On trouve sur YouTube une démonstration de cette salle:
Pour visualiser cette visite virtuelle, le visiteur doit télécharger un plug-in appelé Unity. Unity est également le logiciel qui a servi à créer la visite virtuelle. Il s’agit d’un logiciel servant à créer des jeux aussi bien pour les ordinateurs que pour les iPhone et les iPad. Le but de ses créateurs est de démocratiser la création de jeux en 3D. Actuellement le nombre de développeurs utilisant Unity est de 500’000. Il existe une version gratuite de ce produit et une version payante.
Unity

samedi 30 avril 2011

Web save the Queen

La royauté britannique s’est toujours montrée friande de technologie.  En 1957 déjà, la Reine d’Angleterre avait prononcé un message télévisé. 50 ans plus tard, elle a adressé ses vœux de Noël au peuple britannique sur YouTube. Elle possède d’ailleurs un iPod que le président américain Barack Obama lui a offert en 2009. Il n’est donc pas étonnant que pour la transmission du mariage du Prince William et de Catherine Middleton, la Couronne britannique ait fait appel aux médias sociaux. Fini de rester assis sur son canapé, devant son petit écran, en écoutant le commentaire des émules de Léon Zitrone. Regarder un mariage royal aujourd’hui devient une expérience communautaire.  Tout appareil connecté à Internet était bon pour suivre l’événement en direct: ordinateur, tablette ou téléphone portable. Peu importe que l’on soit en voyage, au supermarché ou au restaurant. On pouvait découvrir la simplicité sophistiquée de la robe de mariée, le défilé des têtes couronnées et des célébrités ou la parade en carrosse. Plus encore, on pouvait obtenir facilement des informations sur les invités, l’arbre généalogique de la famille royale ou les différents palais de Londres. Mais surtout il devenait possible de partager ses émotions, sa surprise ou même ses critiques (sur certains chapeaux par exemple).
Le Palais royal avait misé sur plusieurs canaux. Le mariage a été transmis en direct sur You Tube où les images de la BBC étaient retransmises sur le Royal Channel. A côté des images télévisées, on pouvait voir défiler un commentaire expliquant le détail de la cérémonie, donnant des détails sur les personnes présentes ou décrivant les différents lieux où se déroulait l’action. Il était même possible de féliciter les jeunes mariés en postant une vidéo.
Mariage royal sur You Tube
Parallèlement une équipe de communicateurs commentait le mariage sur Twitter depuis Buckingham Palace. Certains messages de félicitation  était même retwittés. A mentionner celui de la reine Rania de Jordanie.
Clarence House Twitter
Enfin les photos officielles de l’événement ont été postées sur Flickr. On peut notamment y voir les images des deux gâteaux.
The Royal Wedding Cake
Un mariage royale anglais est tout à fait le type d’événement qui suscite un énorme intérêt et beaucoup d’émotions. De nombreuses personnes à travers le monde ont vécu ceux de la Princesse Anne et de Mark Philipps ou celui du Prince de Galles et de Lady Diana devant leur télévision (sans parler des funérailles de cette dernière). Ces téléspectateurs avaient le sentiment de faire partie d’une immense communauté qui se créait le temps d’une messe. Ils étaient cependant dans l’impossibilité de partager cet événement avec d’autres personnes que celles qui se trouvaient dans la même pièce. Maintenant il est possible de partager ses sentiments avec le monde entier, avec ses amis sur Facebook ou ceux qui nous suivent sur Twitter, de commenter costumes, chapeaux et coupes de cheveux ou alors de donner son opinion sur les dépenses liées à un mariage royal. Chacun peut avoir le sentiment de participer à l’événement sans devoir se déplacer jusqu’à Londres. Sans nul doute, cette opération ne peut que redorer le blason de la royauté. Web save the Queen!
Autres sites intéressants:
Site officiel de la Monarchie britannique: http://www.royal.gov.uk/
Site officiel du Prince de Galles: http://www.princeofwales.gov.uk/
Site officiel du mariage: http://www.officialroyalwedding2011.org/

dimanche 27 mars 2011

Musées virtuels prêts à l'emploi

Les musées virtuels en 3 dimensions accessibles en ligne sont à nouveau d’actualité. Deux produits au moins sont disponibles. Ils permettent de créer des espaces d’exposition en ligne. Il y a tout d’abord un produit allemand: Kunstmatrix. Il offre trois types de compte. Un compte “Basic” permet de choisir une seule salle entre plusieurs modèles, correspondant à 400 m². On peut y mettre jusqu’à 35 tableaux et 3 sculptures. Il est aussi possible de conserver jusqu’à 200 oeuvres d’art. Une page de profil donne les informations essentielles sur l’exposition et l’artiste (ou le curateur). Enfin la galerie virtuelle s’intègre facilement dans un site Web. L’activation du service coûte 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour la maintenance. C’est une offre idéale pour un artiste qui veut se présenter en ligne. Le compte “Professional” donne plus de possibilités: plus de salles disponibles, modularité de l’espace, gestion des collections et des expositions, présentation des expositions à venir, informations sur les artistes et les oeuvres, conservation de 2000 oeuvres d’art.  L’activation du service coûte également 300 € auxquels il faut ajouter 25 € par mois pour chaque salle. A partir de 3 salles, il est possible d’avoir une réduction. C’est une solution idéale pour présenter une collection de petite ou moyenne taille ou pour présenter plusieurs expositions en même temps. Avec le service “Premium”, il est possible d’avoir son propre bâtiment et des services individualisés ainsi qu’un nombre illimité d’oeuvres. Les prix sont sur demande. Sur le site de Kunstmatrix, il est possible d’accéder à des expositions déjà en ligne. Il est nécessaire d’avoir Flash pour les visiter. Ce n’est donc pas compatible avec les iPads.
Kunstmatrix
Artsteps est une application assez semblable. Elle est aussi basée sur Flash. Elle a deux types de compte “Basic” et “Premium”. Tous deux sont gratuits actuellement (pour les 10’000 premiers inscrits). Le compte Basic ne permet d’avoir qu’une exposition permanente, alors que le compte “Premium” autorise la création d’expositions temporaires pour lesquelles il faut payer. Artsteps a créé sa propre monnaie (credit) dont on peut acquérir des espèces en payant avec Paypal. Cette monnaie permet ensuite de payer la location des salles, soit 2500 credits par mois. Il faut 10 € pour acquérir 5000 credits. Artsteps présente deux avantages: il offre la possibilité de publier gratuitement une salle d’exposition. De plus, il est possible de créer son musée virtuel directement en ligne. Nous avons testé Artsteps en archivant une des expositions présentées au Monastère dans Second Life:
L’application est un peu lente parfois, mais ses fonctionnalités sont simples et intuitives. Le téléchargement des images et leur indexation sont simples. En ce qui concerne les objets exposés, on peut choisir différents types de cadre. La navigation est relativement aisée, même si les espaces sont parfois étroits.
Artsteps
Les deux applications permettent aussi d’exposer des objets en 3D. Malgré l’avantage de la navigation via un navigateur Internet et donc sans la nécessité de télécharger un logiciel supplémentaire, ces deux applications génèrent des expositions très standardisées. A mes yeux, Second Life ou Open Sim restent des alternatives intéressantes: on peut y construire soi-même son bâtiment avec beaucoup plus de possibilités, disposer les salles à sa guise, intégrer des textures. Les objets peuvent être animés. Second Life ou Open Sim sont aussi des réseaux sociaux qui permettent de rencontrer d’autres visiteurs, de discuter avec eux et, surtout, de travailler à des expositions à plusieurs directement en ligne. Et tout cela, pour un prix comparable en ce qui concerne Second Life (en tant que locataire) et même moindre en ce qui concerne Open sim où on peut obtenir un sim complet pour 20 à 40 US$, sans frais de mise en service.
Exhibition Famous Lovers in Second Life

dimanche 20 février 2011

La chimie amusante


La chimie est l’une des disciplines les plus rébarbatives des sciences naturelles. Néanmoins tout le monde se rappelle de Gaston Lagaffe et de sa chimie amusante dont les résultats étaient aléatoires.
La chimie amusante de Gaston Lagaffe
Quand la chimie est illustrée par une équipe de scientifiques, elle-même animée par un journaliste et vidéaste, elle devient intéressante. Les chimistes de l’Université de Nottingham ont tout d’abord illustré tous les éléments de la table de Mendeleev et ils sont en train d’améliorer ces premiers films. Le principal présentateur, par ailleurs réel professeur de chimie à l’Université, a des allures de savants fous, mais les informations livrées sont rigoureusement exactes.
The Periodic Table of Video
Ces chimistes en ont réalisé d’autres films liés à des questions fondamentales ou d’actualité. Ils ont par exemple consacré une vidéo à la marée noire du Golfe du Mexique, où il est expliqué que les plumes des oiseaux attirent le pétrole brute dès qu’elles entrent en contact avec elles. Cela explique pourquoi les oiseaux sont à ce point atteints. Pour la Saint Valentin, cette équipe de chimistes a même concocté un nouveau parfum, à base de vodka et de vanilline.
Une belle manière de raccrocher avec cette discipline un peu rébarbative.

jeudi 3 février 2011

Communautés en ligne, co-création et e-réputation

La seconde journée à Lift a été essentiellement consacrée aux communautés en ligne, à leur engagement dans des projets de co-création et aux conséquences que la participation à ces communautés peut avoir pour la réputation des individus qui en sont membres.
Chris Headcock a rappelé que l’histoire du Net se confond avec celle des communautés en ligne. Qu’on se rappelle Usenet ou les mailing lists. Du reste, ces communautés ne sont pas toutes sur le Web. Il y a beaucoup de communautés invisibles (pour Google), qui se créent à travers des applications pour téléphones portables.
Plusieurs orateurs se sont alors penchés sur la question de l’engagement de communautés en ligne dans des projets. Pour Nick Coates, la co-création a débuté bien avant la naissance d’Internet. Nous la (re)découvrons un peu comme Monsieur Jourdain découvrait la prose. Le Web donne simplement de nouveaux outils de collaboration et permet d’accéder à un réseau humain beaucoup plus large. La co-création ne se confond ni avec la collaboration, ni avec le crowdsourcing. C’est un processus qui doit être géré et dont le but est de produire quelque chose de concret. Le projet Fiat Mio, présenté par Gabriel Borges dans une masterclass, peut servir d’illustration à cette problématique. Fiat Brésil a décidé de créer une voiture-concept avec l’aide des clients. Une plate-forme collaborative a donc été lancée. Elle a attiré 19000 participants inscrits et recueilli 11000 idées. Ces idées ont débouché sur des spécifications qui ont été publiées sous une licence Creative Commons. Ces spécifications ont ensuite été interprétées par les designers et les ingénieurs de Fiat qui ont créé un modèle fonctionnel. Ce modèle a été présenté au salon de l’automobile de Sao Paulo en 2010.
Fiat Mio
La discussion qui a suivi l’exposition de ce projet a été très nourrie. Certains participants se demandaient si on ne serait pas arrivé à un résultat analogue avec un processus classique. Il est probable que oui. Où est donc l’avantage de l’implication d’une communauté dans un processus de création ?
Nous avons peut-être affaire à un changement de paradigme profond. Si l’on reprend l’histoire de la voiture, au départ, il y a les inventeurs eux-mêmes. Voilà pourquoi tant de marques de voitures portent le nom de leur créateur (Porsche, Chevrolet, Opel, …). Ensuite ce sont des équipes d’ingénieurs et de designers (aidés peut-être par le service de marketing) qui conçoivent les modèles. Ils impliquent certainement des utilisateurs au cours de leurs recherche, mais sans ouvrir le processus à tout le monde. La voiture, comme beaucoup d’autres objets de notre quotidien, est devenu un objet lié aux désirs profonds de l’individu. Jean-Claude Biver nous disait qu’on n’achète pas une montre pour connaître l’heure: c’est bien plus que cela.L e consommateur souhaite s’impliquer dans le processus de création: on parle de plus en plus de consommacteur. Tous les individus ne participent pas, loin s’en faut. Tiffany St James a rappelé que ceux qui participent de manière intense à Wikipédia ne représentent que 1% des participants. Les autres observent, mais savent que leur participation est ouverte. On n’arrive peut-être pas à de meilleurs produits avec un processus de co-création en ligne, mais les consommateurs ont le sentiment de mieux pouvoir s’approprier ces produits.
Reste à voir les conséquences de cette vie intense passée dans des communautés en ligne. C’est la question de la e-réputation. On est passé des petits villages où tout le monde savait tout sur tout le monde à l’anonymat des grandes villes. Puis Internet et les médias sociaux sont arrivés. Comme l’affirme Brian Solis, nous avons trois vies: une vie publique, une vie privée et une vie secrète. Les médias sociaux contribuent à les mêler. On retourne à un village global dans lequel ce sont des algorithmes qui calculent l’indice de réputation des gens qui participent.
Brian Solis affirme que ce qui peut jouer contre nous peut aussi jouer pour nous. Nos activités en ligne contribuent à notre capital social. A chacun de participer et de faire grimper ce capital.

mercredi 2 février 2011

Intelligence collective et révolutions


La première session de Lift2011 s’est faite l’écho des événements récents dans le monde arabe. Le propos du premier orateur, Don Tapscott, l’auteur de l’ouvrage MacroWikinomics, portait sur l’émergence d’un âge de l’intelligence collective (Age of Networked Intelligence). La révolution tunisienne s’est faite sans leader, contrairement aux révolutions du 20ème siècle. C’est pourquoi il la qualifie de wikirévolution. A ses yeux, il fallait attendre une génération de “digital natives” pour qu’une telle révolution survienne. Ces “digital natives” sont informés, peuvent accéder au savoir facilement, mais en même temps, ils sont dans un monde sans réelles perspectives. Pour qualifier ce qu’il faut faire afin d’arriver à cet âge de l’intelligence collective, Don Tapscott use d’une métaphore informatique: il faut “rebooter” les affaires et le monde. Il évoque cinq principes fondamentaux permettant ce redémarrage: la collaboration, l’ouverture, le partage, l’interdépendance et l’intégrité. Parmi les modèles qu’il donne, il oppose aux journaux traditionnels (même en ligne) le Huffington Post. Aux rencontres internationales, il préfère des actions collaboratives concrètes comme Ushahidi. Il compare cet âge de l’intelligence collective à l’intelligence d’un essaim d’oiseaux dans lequel aucun leader ne guide les mouvements. Si personne ne doute des valeurs liées à cet âge de l’intelligence collective, on est en droit de se demander ce que devient l’individu dans cette nouvelle ère et ce qu’il advient de son libre-arbitre. Les desseins de cette intelligence collective sont-ils les mêmes que ceux des individus qui la nourrissent? Question philosophique s’il en est.
L’exposé de Ben Hammersley avait un certain écho avec le précédent, dans la mesure où il montrait la coexistence de deux générations. L’une vit dans un monde pyramidal, fait de hiérarchies, où chacun connaît sa place. L’autre, faite de gens très jeunes, est plongée dans un monde de réseaux et ses logiques d’association sont basées sur les seuls intérêts. Au milieu, il y a nous, c’est-à-dire les gens qui assistent à des conférences comme Lift ou leurs semblables. Les blocages sont issus du fait que ceux qui vivent dans un monde pyramidal ne peuvent pas comprendre qu’ils ne peuvent pas comprendre ce qu’ils ne comprennent pas (They can’t understand that they can’t understand what they can’t understand). Charge à nous (le fameux nous) de leur expliquer …
They can't understand that they can't understand what they can't understand
David Galbraith, l’un des inventeurs du format RSS et co-fondateur de Yelp, a évoqué le rôle des utilisateurs dans ce que sera le futur Internet. Il a notamment montré en quoi des systèmes de recommandation basés sur des humains valaient mieux que ceux qui sont basés sur des algorithmes. Il vaut mieux recourir à Facebook qu’à Google pour savoir où se trouve le meilleur sushi bar.
Jean-Claude Biver est venu parler de l’innovation. A ses yeux, nous devons innover depuis le premier jour où nous sommes nés. Pour cela, il faut accepter les erreurs. L’enfant naît avec des jambes sans savoir marcher. Il va essayer et tomber des centaines de fois. A chaque fois, son cerveau apprend et l’enfant finit par savoir marcher. L’apprentissage par erreur est un processus positif. Pour lui, il faut essayer de garder cette attitude innovatrice, créative et ne pas se laisser mettre en forme par des différents systèmes auxquels nous sommes confrontés. L’innovation et la créativité sont plus importantes que le savoir, qui peut s’acquérir. Pour innover, il faut être le premier, il faut être unique et il faut être différent.
Matthias Lüfkens, directeur associé au WEF, nous a fait un petit cours de Twiplomacy. Il a montré, cartes à l’appui, comment les chefs d’état utilisent Twitter et comment ils s’échangent des messages entre eux. Ce sont les chefs d’état sud-américains qui utilisent le plus ce moyen. L’orateur a relevé que le président russe, Medvedev, publiait lui-même ses messages dans Twitter et postait aussi des photos dans Twitpic. Arnold Schwarzenegger utilisait même Twitter pour dialoguer avec ses concitoyens en répondant à leurs questions. Grâce à Twitter, les leaders deviennent plus proches de leurs administrés et peuvent entamer une conversation.
Twiplomacy: Amérique du Sud

mardi 11 janvier 2011

Hululement

La chouette dort le jour et vit la nuit. Elle scrute autour d’elle grâce à ses grands yeux ronds et son cou agile. On entend au loin son hululement sans jamais la voir. La chouette est une belle métaphore de l’accroc aux réseaux sociaux qui passe de longues veillées derrière son écran, en brassant d’énormes quantités d’informations (pas toujours utiles) et en postant des messages à tout va sans être sûr d’être repéré. C’est peut-être pour cela que les créateurs de Hootsuite ont choisi de faire allusion au hululement de la chouette (hoot) en nommant leur application. Cette dernière est censée aider les grands utilisateurs des réseaux sociaux à suivre et à gérer leurs différents comptes.
Image: John Morris (Flickr)
Hootsuite permet de lire et d’écrire sur plusieurs réseaux sociaux, notamment sur Twitter et Facebook. Cette application peut vous faciliter la vie. Vous devez, par exemple, publier une annonce importante sur Twitter. Mais à ce moment-là, vous êtes occupé à une autre tâche ou bien vous dormez. Il suffit d’écrire son message dans Hootsuite, d’indiquer l’heure et la date de publication et de sélectionner les réseaux sociaux où il doit paraître. On peut aussi saisir des fils RSS dans Hoosuite et déterminer dans quels réseaux sociaux on veut les diffuser. Suprême raffinement, l’application permet même de saisir un message standard d’annonce comme: “J’ai écrit dans mon blog”.
A travers Hootsuite, on peut créer un flux correspondant à une recherche dans un des réseaux sociaux comportant plusieurs mots-clés. Il ouvre un accès à la recherche Twitter. Il constitue un outil de monitoring intéressant.
Hootsuite comporte d’autres fonctionnalités. Il a un module de statistiques analysant votre activité dans Twitter. Il permet aussi de laisser un collaborateur accéder aux réseaux sociaux, ce qui peut être pratique pour des comptes d’entreprises ou d’institution. Hootsuite comporte aussi un gestionnaire de tâches. La version gratuite est cependant limitée. Une version professionnelle permet de suivre plus de fils RSS et d’intégrer plus de collaborateurs.
Cet outil a beaucoup de fonctionnalités. Il sera intéressant de voir si elles trouveront toutes des utilisateurs. En attendant, pendant que la chouette hulule au fond des bois, les internautes peuvent dormir tranquilles. Leurs comptes dans les réseaux sociaux sont sous bonne garde …

mercredi 1 décembre 2010

Fast knowledge

On lit de moins en moins de livres et on parcourt des textes de moins en moins long. Même un article de Wikipédia peut sembler fastidieux à lire. Qwiki est un moteur de recherche qui veut donner une nouvelle expérience de la connaissance. Plutôt que de retourner une liste de liens, il crée une brève animation, qui peut durer entre 45 secondes et 1 minute et demie. Un algorithme assemble divers éléments multimédia tels que des vidéos, des photos, des cartes, des infographies. Tous ces éléments proviennent de sites ouverts comme YouTube, Wikimedia, Fotopedia ou Google Maps. Les infographies sont générées par le site lui-même à partir des données trouvées: pour les personnages, on voit des timelines indiquant la durée de la vie ou l’âge actuel alors que pour d’autres sujets, on obtient des graphiques. On peut cliquer sur chaque élément qui apparaît pour accéder à sa source. Il est ensuite possible de redémarrer l’animation. Tout au long de l’animation, une voix synthétique lit des extraits de l’article de Wikipédia correspondant à la recherche, pratiquement mot à mot. Bien sûr, cela ne fonctionne qu’en anglais et la lecture des termes qui sont dans d’autres langues est hasardeuse.
Qwiki
Qwiki n’est pas sans rappeler Wolfram Alpha, le moteur de recherche basé sur des données structurées et qui est capable d’opérations diverses, comme calculer la quantité de calories ingérées à partir de la liste de ce qu’on a mangé au déjeuner. La comparaison s’arrête là. Alors que Wolfram Alpha va s’appuyer sur des sources solides et effectuer de nombreux types d’opérations, Qwiki ne fait qu’illustrer des paragraphes issues de Wikipédia avec des images ou des vidéos de manière un peu aléatoire. En effet, à part certains éléments comme les cartes ou les graphiques, les documents montrés ne sont guère en rapport avec le texte utilisé. Il ne semble calculer que des choses simples, comme la durée de la vie d’une personne. Qwiki est à Wolfram Alpha ce que le hamburger est tournedos Rossini, une vague approximation. A sa décharge, il faut dire que les données utilisées ne sont pas vraiment simples à exploiter. Rien n’est moins bien structuré que Wikipédia ou rien n’est moins bien indexé que les images sur Internet.
Qwiki est cependant en version Alpha maintenant. Les résultats sont malgré tout bluffant. Il y a peu de documents totalement hors propos. Ce moteur de recherche va certainement encore s’améliorer. Néanmoins on peut s’interroger sur l’impact qu’il pourrait avoir sur ses utilisateurs, en cas de succès. Qwiki, c’est quand même un peu du tout cuit. Le résultat apparaît sous une forme sophistiquée, mais accessible sans effort. Il donne l’impression d’avoir été monté par un humain et s’impose à l’esprit. Ce n’est donc pas avec ce genre d’outil que l’on va aiguiser le sens critique des internautes.
Pour la petite histoire, parmi les personnes qui se trouvent derrière Qwiki, on peut mentionner Louis Monier, qui n’est autre que l’un des fondateurs d’Alta Vista, le premier moteur de recherche du Web. Une histoire à suivre sans doute …

jeudi 25 novembre 2010

En avant la musique !

Transformer l’iPad en un instrument de musique permettant à chacun, y compris ceux qui n’ont aucune notion de solfège, de jouer de la musique, tel est le but de l’application “Magic Fiddle”. Elle a été créée par Smule, qui a déjà produit Ocarina, qui transforme un iPad en flûte.
Avec Magic Fiddle, le iPad se transforme en violon. Un bref tutorial donne les bases nécessaires à l’éxécution de morceaux simples. On entraîne les arpèges et puis on se lance. Une série de pièces sont déjà disponibles dans l’application et il est possible d’en acheter d’autres. Parmi les morceaux disponibles: Pomp and Circonstance, l’Ave Maria de Shubert, le Canon de Pachelbel et divers airs de Noël.
Le tutorial attire l’attention du débutant sur l’importance de la position (debout) et sur la manière dont il faut tenir son instrument. Ce dernier comporte trois cordes.  La distance entre les cordes est réglable dans les paramètres. Il faut aussi jouer avec quatre doigts.
Magic Fiddle
Une fois le tutorial exécuté, il faut se lancer. Les notations musicales sont simples à comprendre: un petit trait de lumière vient frapper la corde à l’endroit où il faut jouer. C’est très simple et avec un peu d’habitude, les doigts “attrapent” les notes. L’application donne rapidement l’impression que l’on joue. Bien entendu, il s’agit d’une exécution un peu mécanique, rappelant les orgues électroniques pour enfants et leurs codes de couleurs.
L’application indique à l’utilisateur après chaque exécution combien de notes justes il a joué. Il lui accorde aussi une médaille de bronze, d’argent ou d’or. Cela permet de progresser, mais cela transforme aussi la musique en jeu d’habileté.
Comme Ocarina, Magic Fiddle est une application qui permet de partager son art avec le monde entier. Pour peu que l’on soit d’accord, ce qu’on joue est associé avec notre position sur le globe. D’autres utilisateurs peuvent essayer de trouver des musiciens sur la carte et les écouter. L’avantage, c’est qu’on réalise vite qu’il y a moins bon que soi …

dimanche 24 octobre 2010

Révélations des manuscrits

Avant que la technologie ne permette de numériser les manuscrits les plus rares et les plus fragiles, l’accès à ces documents n’était possible qu’à de rares privilégiés, qui ont passé tous les obstacles imaginables et obtenu les autorisations nécessaires. Aujourd’hui, les manuscrits sont lisibles directement sur Internet. Des fonctionnalités sophistiquées permettent de les parcourir et de les agrandir. Les chercheurs du monde entier peuvent y accéder sans mettre de gants ou signer de décharge, de même que les amateurs de littératures souhaitant connaître mieux les auteurs qu’ils admirent. Le King’s College vient de mettre en ligne les manuscrits de l’écrivain anglaise Jane Austen (1775-1817). Ces manuscrits témoignent de l’ensemble de l’oeuvre de Jane Austen, de ses jeunes années jusqu’à sa mort. Ils proviennent d’une collection restée dans la famille de l’auteur, jusqu’au décès de la soeur de Jane. Ensuite de quoi, ils ont été dispersés dans plusieurs bibliothèques. Leur numérisation permet de les réunir à nouveau. Le matériel photographique utilisé est le même que celui qui a servi à la numérisation des manuscrits de la Mer Morte. Chaque saisie dure environ 2 minutes.
Extrait d’un manuscrit de Jane Austen numérisé
http://www.janeausten.ac.uk
Parallèlement, une transcription diplomatique (c’est-à-dire respectant l’orthographe, la ponctuation, les lettres majuscules et minuscules, les mots biffés, les annotations) a été réalisée. Ce texte est disponible en format XML, permettant d’indiquer dans des balises les différentes particularités du texte, par exemple les variantes orthographiques. C’est le standard du Text Encoding Initiative (TEI) qui a été utilisé pour la mise en forme de cette transcription. Une édition imprimée est également prévue.
 http://www.tei-c.org
L’étude des manuscrits des auteurs est essentielle pour le travail d’édition d’une oeuvre. Elle permet aussi de comprendre comment un auteur élabore son texte: ce dernier peut faire l’objet de nombreuses corrections ou être écrit sans rature. Le manuscrit permet aussi de découvrir quelques surprises. A en croire une experte de l’Université d’Oxford, Jane Austen était mauvaise en orthographe, en ponctuation et en grammaire, ce qui laisse supposer l’intervention d’un correcteur.
Jane Austen, sa piètre orthographe et son relecteur de talent, Le Monde (24.10.2010)