dimanche 2 septembre 2012

Le musée virtuel

Une étudiante m’a adressé un questionnaire sur le musée virtuel. Je publie ici les réponses que je lui ai faites.
Pouvez-vous m’expliquer en quoi consiste votre travail ?
J’ai étudié l’archéologie, le grec ancien et le latin à l’Université de Neuchâtel en Suisse. J’ai ensuite étudié l’anthropologie religieuse à l’Université de Paris IV. Professionnellement, je suis responsable des sites Internet d’un département de l’administration fédérale suisse, l’équivalent de vos ministères. Il y a quelques années, j’ai fait un Mastère en administration publique à l’Institut des Hautes études en administration publique à Lausanne. C’est à ce moment-là que je me suis intéressée au musée virtuel. Pour mon travail de diplôme[1], je voulais concilier mon domaine professionnel et mes études. J’ai fait une étude sur l’utilisation d’Internet par les musées suisses. La Suisse compte presque 1000 musées. C’est le pays au monde qui a la plus haute densité de musées par habitant. J’ai constaté que l’usage d’Internet se limitait essentiellement à la communication institutionnelle. Les musées suisses sont nombreux, mais de taille moyenne ou petite. Ils n’ont souvent pas la possibilité d’investir des moyens dans des projets de mise en ligne de leurs collections. J’ai proposé qu’ils s’allient pour publier leurs collections en ligne, ce qui va dans le sens d’un musée virtuel. Le Canada a créé un musée virtuel qui constitue un très bon modèle, mais qui est resté une expérience plutôt unique[2].
Après avoir terminé mon Mastère, j’ai ouvert un blog[3] pour continuer de travailler sur ce thème, j’ai écrit quelques articles, donné des cours et des conférences[4]. Je suis aussi active dans les médias sociaux.
Quelle est votre conception d’un musée virtuel ? 
La réponse à cette question dépend du sens que l’on donne au terme virtuel. Dans le domaine informatique, notamment dans celui du développement 3D et des jeux, on a utilisé ce terme pour désigner des univers ou des créatures dont le comportement correspond en partie au monde réel. On parle aussi d’images de synthèse. De ce fait, virtuel est souvent entendu comme factice, irréel, lié à l’illusion. Pour ma part, j’adopte la définition issue de la philosophie scholastique et reprise par Pierre Lévy, dans son ouvrage « Qu’est-ce que le virtuel ? »[5] :
Le mot virtuel vient du latin médiéval virtualis, lui-même issu de virtus, force, puissance. Dans la philosophie scolastique, est virtuel ce qui existe en puissance et non en acte. Le virtuel tend à s’actualiser, sans être passé cependant à la concrétisation effective ou formelle. L’arbre est virtuellement présent dans la graine. En toute rigueur philosophique, le virtuel ne s’oppose pas au réel mais à l’actuel : virtualité et actualité sont seulement deux manières d’être différentes.
Pour plus de détails : http://be-virtual.ch/blog/?page_id=34
Un musée virtuel n’est donc pas un ersatz de musée réel, une pâle copie de ce que l’on peut trouver dans le monde réel. Le musée virtuel transcende les musées de briques et de ciment, limités à leurs murs et à leurs collections (qui sont constituées d’une suite de hasards) pour permettre des regroupements que seul l’esprit pouvait opérer autrefois. Il existe plusieurs possibilités de mettre en place un musée virtuel. Malraux voyait la photographie comme un moyen de réunir ce que des musées avaient séparés. Les technologies de l’information constituent un outil puissant de virtualisation du patrimoine. Il est possible de réunir les œuvres d’un même artiste en les numérisant. L’œuvre de Paul Klee a par exemple entièrement été numérisée par le Centre Paul Klee (Berne, en Suisse), y compris les œuvres issues de collections privées[6]. La collection numérisée est consultation au Centre.
Grâce aux technologies de l’information, il est possible de réunir des œuvres ou des objets selon différentes logiques : chronologique, thématique, géographique, et cela sans les changer de vitrine, sans les déplacer avec des frais d’assurance onéreux. Cette virtualisation est possible à l’intérieur de la collection d’un musée ou bien à l’échelle d’une région, d’un pays (c’est-à-dire au-delà des institutions muséales).
Grâce à la virtualisation des collections, il est aussi possible de créer des expositions virtuelles en ligne ou bien de laisser le public devenir dans une certaine mesure un curateur, en lui donnant la possibilité de créer ses propres galeries.
Quel est pour vous l’avantage pour un musée physique d’avoir une visite virtuelle du musée, ainsi qu’un musée virtuel ? Est-ce une image de marque, de différenciation des ses concurrents ?
Si on entend par visite virtuelle du musée, la possibilité, pour un internaute, de visiter les différentes salles d’un musée à la manière de Google Street View, les avantages sont relativement restreints. La visite virtuelle permet au public distant de découvrir le musée tel qu’il se présente et éventuellement de préparer ou de se remémorer une visite.
Un musée virtuel dans le sens décrit ci-dessus semble plus intéressant. Seule une petite partie des collections sont présentées dans les salles des musées. D’autres sont prêtées pour des expositions. Beaucoup de pièces dorment dans des dépôts et sont difficilement accessibles. Un musée virtuel permet de les découvrir.
Un musée virtuel permet aussi de mettre en valeur les pièces d’un musée et cela de diverses manières :
  • en créant des expositions virtuelles
  • en laissant le public « s’approprier » les collections en ligne : en créant des galeries, en partageant des œuvres avec des amis ou sur les médias sociaux, à travers des applications permettant d’associer des œuvres avec différents critères, …
  • en offrant des fonctionnalités permettant de visualiser les objets de manière différente : visualisation en 3D, zoom, …
  • en donnant la possibilité d’accéder à plusieurs couches d’informations liées aux pièces du musée, y compris à des méta-informations et des informations contextuelles,
  • en créant des manières visuelles d’accéder aux œuvres : frise chronologique, carte géographique, etc.
  • en mettant à disposition des outils de recherche et un dossier personnel pour conserver ses recherches (essentiellement pour les chercheurs)
Cette liste n’est pas exhaustive, mais elle montre à quel point un musée virtuel peut multiplier les possibilités de découverte d’une collection. Cette expérience ne remplace en rien la visite dans le musée réelle. Elle en constitue un complément.
Evidemment un tel musée virtuel peut ne dépendre d’aucun musée ou alors constituer une collaboration entre plusieurs musées. Un musée peut aussi décider de virtualiser sa propre collection, en mettant en valeur des pièces d’une autre manière qu’en les présentant dans les salles, en montrant des pièces qui sont dans les dépôts, en liant des pièces avec celles d’autres musées.
Un musée virtuel bien fait contribue certainement à la bonne réputation d’un musée, mais l’absence de musée virtuel ne lui nuit pas de manière définitive. En revanche, la forme du musée virtuel s’impose sur Internet comme un outil de marketing. Plusieurs entreprises présentent leur histoire de cette manière et Intel a créé un véritable buzz avec son projet « Museum of me »[7]. Adobe a créé un musée d’art contemporain en ligne[8].
Quels peuvent être les effets négatifs pour le musée d’avoir un musée virtuel ou une visite virtuelle ?
Je n’ai jamais entendu dire qu’on avait constaté une baisse de la fréquentation d’un musée parce que sa collection était disponible en ligne. Plus je travaille sur ce thème, plus je pense qu’il s’agit de deux expériences différentes sans aucune contradiction.
Le point noir réside certainement dans les coûts de développement et de maintien d’un musée virtuel.
Les musées sont en règle général frileux en ce qui concerne la mise à disposition de matériel photographique en ligne. Ils craignent que ces photos soient récupérées, réutilisées. Personnellement je trouve que c’est un tort. Dans le monde réel, la valeur est liée à la rareté, alors que dans le monde numérique, la diffusion de nombreuses copies sur Internet est un signe de succès. Internet et les technologies de l’information ont provoqué l’ouverture d’un débat sur la propriété intellectuelle. Sur Internet, de nombreux utilisateurs sont adeptes des licences « domaine public » ou à la carte (Creative Commons). De nombreux objets qui se trouvent dans les musées sont dans le domaine public. De plus, leur conservation et leur présentation sont financées par des fonds publics, soit l’argent du contribuable. Pourquoi leur image ne serait pas à la disposition des internautes pour que ces derniers puissent les réutiliser (par exemple pour illustrer une note de blog) ? Certains musées n’hésitent pas à publier des séries de commons dans Flickr ou Wikipedia, pour faire connaître leur collection[9].
Quel est l’avenir des musées s’ils n’intègrent pas les nouvelles technologies sur leur site Internet ?
Pour répondre à cette question, il faut partir des différents missions d’un musée. En principe, un musée a pour buts de collecter, conserver, étudier et mettre en valeur des pièces appartenant au patrimoine. Ce sont des buts qui font consensus parmi les spécialistes des musées[10]. Les nouvelles technologies contribuent essentiellement à la mise en valeur des collections, comme je l’ai montré plus haut. Elles peuvent dans une certaine mesure contribuer aux autres buts, mais de manière moins significative. On peut, par exemple, considérer la numérisation comme un moyen de conservation. Les technologies de l’information servent aussi à la recherche et à la diffusion de ses résultats. Enfin le marché de l’art est assez actif sur Internet et on peut y découvrir des objets en vente. La diffusion sur Internet d’œuvres volées permet aussi de les identifier.
Les musées ont des buts qui leur sont assignés par d’autres acteurs. Ainsi ils jouent un rôle essentiel dans les projets d’urbanisme. Ce but leur est assigné par les villes, les régions, les collectivités publiques. La revitalisation d’un quartier peut englober la construction d’un musée, qui est en même temps une œuvre architecturale d’importance. Dans une étude menée en Suisse auprès des visiteurs des musées, ces derniers sont nombreux à voir la visite d’un musée comme une activité sociale. Le musée est de plus en plus un lieu de sociabilité : on y va en couple, en famille, avec des amis[11]. Les activités annexes d’un musée prennent de l’importance au détriment des surfaces d’exposition : boutique, cafétéria, auditorium, activités pour les enfants, conférences, etc. Cela montre bien que le musée en tant que lieu n’est pas mis en danger par la numérisation de ses collections. En revanche, on peut se demander ce que les visiteurs retiennent vraiment de la visite d’un musée et si l’exposition en salle est le meilleur moyen de faire connaître une œuvre[12].
Les réflexions sur le musée virtuel ont fait naître un débat sur la question de l’original, sacralisé, et des substituts[13]. Dans le passé, de nombreux musées présentaient des copies. Que l’on songe aux musées de moulage. Cette pratique ne choquait personne et permettait de diffuser des œuvres à une époque où les gens voyageaient moins.
En conséquence, les musées resteront des lieux de visite et de socialisation. En revanche, si un musée veut vraiment faire connaître ses collections auprès d’un public plus large, au-delà du cercle de ses visiteurs, il a intérêt à avoir recours aux technologies de l’information et à mettre en valeur des œuvres sur Internet.
A qui est destiné le musée virtuel/visite virtuelle ? Est-ce le même public que dans le musée in situ ou bien d’autre ?
Le musée virtuel s’adresse à des personnes actives sur Internet. Il peut s’agir de personnes curieuses ou de spécialistes. Dans une certaine mesure, il s’agit du même public qui se rend dans les musées, intéressé par la culture. Cependant il s’agit d’expériences différentes, faites à des moments différents.
Il faut aussi penser que le musée virtuel permet de rendre le musée accessible à des personnes qui n’auront jamais l’occasion de s’y rendre en personne : personnes venant d’autres contrées et qui n’ont pas ou peu de moyens de voyager, personnes handicapées, etc. De plus, les ressources en ligne constituent une source importante d’information pour les enseignants.
Que pensez-vous de l’intégration du public dans le musée virtuel? Et de l’extension des musées sur les réseaux sociaux ?
Il s’agit d’un développement important et non pas d’un effet de mode. Les médias sociaux sont à utiliser à deux niveaux. Tout d’abord ils contribuent à la communication institutionnelle. En effet, avoir un site Internet ne garantit pas que le public le trouve et le consulte. Etre présent sur les réseaux sociaux permet de toucher un public plus large et de faire connaître son offre en ligne.
Ensuite, les musées peuvent intégrer ces médias sociaux dans leurs propres processus. L’intégration de fonctionnalités inspirées des médias sociaux donne la possibilité au public de s’impliquer et devenir, dans une certaine mesure, un curateur, en mettant en évidence ses préférences pour certaines œuvres (même si les critères du public et des experts divergent). L’exemple le plus évident est celui de l’indexation sociale ou folksonomy : cette fonctionnalité permet aux internautes d’attribuer des mots-clés aux objets du musée présentés en ligne.
Enfin, une muséographie virtuelle ou une curation virtuelle utilisant les techniques du crowdsourcing émerge sur Internet, hors du contexte muséal classique. Elle ne s’intéresse pas forcément au contenu des objets culturels classiques, mais à la culture digitale[14]. Une chercheuse australienne a montré que YouTube était (entre autres choses) un musée virtuel de la télévision dont le curateur était l’ensemble de ses utilisateurs[15]. Par le fait de l’intelligence collective, des émissions remarquables ont été proposées, sélectionnées et mise en valeur.
Un musée virtuel ou bien une visite virtuelle sont-ils des effets de mode ou sont-ils voués à disparaître ?
Les technologies permettant de créer visites virtuelles répondent en partie à des effets de mode. On est passé des panoramas 360 degrés à la présentation dans le style de Street View.
Un musée virtuel n’est pas un effet de mode. Le musée virtuel a précédé Internet. Le patrimoine est en fait un musée virtuel qui s’actualise sous diverses formes : un musée de briques et de ciment,  une publication avec des photos, un musée des moulages ou un musée virtuel sur Internet en constituent des actualisations. Chacun a un musée virtuel dans sa tête et peut essayer de l’actualiser. Un conservateur de musée peut avoir des présentations virtuelles alternatives à celles des vitrines de ses collections. Les technologies de l’information ont cependant une telle flexibilité qu’elles donnent aux collections en ligne des propriétés de virtualisation. Ainsi le moteur de recherche permet d’actualiser une série d’œuvres correspondant à un certain critère. Ces technologies de l’information continuent à questionner.
Une des tendances très actuelles est la réalité augmentée. Avec l’essor des téléphones portables, il est possible d’accéder à des informations liées au lieu dans lequel on se trouve et même de les visualiser. Il s’agit d’une technologie pleine de promesses pour la mise en valeur du patrimoine in situ.
De manière globale, les technologies de l’information ne constituent pas un effet de mode, mais une révolution. Que l’on songe à toutes les activités qui ont été profondément modifiées par Internet : communication, presse, commerce, tourisme, musique, etc. Comment les musées pourraient-ils échapper à cette tendance ? Ils ne sont pas en danger en tant que lieu, mais Internet interroge leurs pratiques dans le domaine de la valorisation du patrimoine.

[5] Pierre Lévy, Qu’est-ce que le virtuel ?, La Découverte, Paris, 1995
[11] Arlette Mottaz Baran, Publics et musées en Suisse: représentations emblématiques et rituel social, Peter Lang, 2005
[12] Sur cette question, voir Francesco Antinucci, Musei virtuali: come non fare innovazione tecnologica, Laterza, 2007
[13] Sur cerre question, voir Bernard Deloche, Le musée virtuel: vers une éthique des nouvelles images, Presses universitaires de France, 2001
[14] Voir ma contribution dans Roger Gaillard, Exposer des idées, questionner des savoirs. Les enjeux d’une culture de sciences citoyennes, Neuchâtel, 2010

lundi 27 août 2012

Fly me to the moon

Au moment où le monde entier s’extasie de voir un petit robot, Curiosity, explorer les cailloux martiens à coup de rayons laser, Neil Armstrong, le premier humain à avoir foulé le sol lunaire, à avoir marché sur un autre corps céleste que la Terre, meurt à l’âge 82 ans. La coïncidence de ces deux événements peut nous inciter à réfléchir au sens de la recherche spatiale pour l’humanité. Neil Armstrong a acquis une stature héroïque qui le met au niveau d’un Christophe Colomb. Oubliés les milliers d’ingénieurs qui ont oeuvré à la construction de fusées pour permettre son exploit. C’est lui et lui seul dont le nom restera inscrit dans les livres d’histoire. On aurait cependant tort de minimiser son exploit. Quand on voit, avec le recul, ce qu’était une fusée Saturne ou bien quand on repense à la structure du LEM, le véhicule qui alunissait et dont la partie supérieure permettait de repartir, on mesure le courage qu’il fallait pour s’embarquer dans cette aventure. Alors que nous envoyons des robots explorer les planètes du système solaire, les hommes qui sont partis à la conquête de l’espace et de la lune avaient tous une carrure d’exception. A la fois pilotes d’essai, pilotes militaires et ingénieurs, ils avaient des curriculum à faire pâlir. Pour se rendre compte de leur état d’esprit, il faut voir le film “L’étoffe des héros”. Ils voulaient voler plus vite, plus haut, plus loin, et cela dans le contexte de la guerre froide et d’une folle émulation entre Américains et Russes. L’honneur de poser le pied sur la lune aurait pu échoir à n’importe lequel de ces hommes, mais ce fut Neil Armstrong. Il semble qu’il fut choisi parce qu’au moment du vol d’Apollo XI, Armstrong était un civil. Or les Américains avaient proclamé, sur une plaque fixée sur la base du LEM, et qui se trouve toujours sur la Lune, qu’ils venaient en paix au nom de l’humanité. Au-delà de la stature de héros, qu’il n’a jamais endossé complètement, Neil Armstrong était un homme humble. Il a toujours pensé qu’il n’avait qu’accompli son devoir et il ne cherchait pas à en retirer une gloire personnelle. La mort de Neil Armstrong, c’est peut-être aussi la mort d’une certaine conception de l’aventure humaine. Nous avons atteint un tel stade d’individualisme que bien peu de gens arrivent encore à s’identifier à un projet qui les dépassent et qui ne se réalisera peut-être pas de leur vivant ou bien à un projet nécessitant un haut taux d’abnégation et une grande part de risque. Comme les astronautes des années 60, les marins de l’époque des grandes découvertes avaient cet esprit aventureux. L’homme a sans cesse repoussé les limites de son univers, mais maintenant il cherche à le faire de manière virtuelle, par le biais de simulations ou en utilisant des robots.
Neil Armstrong
C’est certainement pour cela que la mort de Neil Armstrong m’a attristée. Les images de cet homme engoncé dans son scaphandre spatiale, sautillant sur la surface désolée de la lune en ramassant des cailloux m’ont fait rêver durant mon enfance. Mais la réalisation des rêves que la conquête de la Lune a suscités, comme le voyage vers Mars, est bien lointaine. J’ai appris la mort de l’astronaute sur Twitter, au moment où j’assistais à un concert dans Second Life (que de virtualités). J’ai demandé à la chanteuse d’interpréter la chanson de Frank Sinitra “Fly me to the Moon” en souvenir de lui, ce qu’elle a accepté de faire. Et hier, en allant assister à un spectacle sous la forme d’un banquet antique sous les étoiles, j’ai fait un clin d’oeil à la lune, comme l’a demandé la famille de l’astronaute à ceux qui souhaitait honorer sa mémoire.

mardi 14 août 2012

Jeux olympiques des musées

Les grands événements attirent l’attention et constituent toujours une bonne occasion de diffuser la culture auprès d’un public plus large. Les Jeux Olympiques n’échappent pas à cette règle. Un groupe de musées californiens a lancé une initiative intéressante et ludique sur Twitter pour encourager la diffusion d’oeuvres d’art plus ou moins liées au thème des Jeux olympiques et du sport. Ils ont créé un hashtag #MuseumOlympics grâce auquel les musées participants pouvaient partager des photos. De nombreux musées nord-américains se sont prêtés au jeu. C’est ainsi que des objets ou des représentations évoquant des postures d’athlètes ont été mis en ligne. Ci-dessous, un fragment de cuillère égyptienne rappelant une nageuse publiée par le Harvard Art Museum.
Le classement de ces joutes, qui ont permis la diffusion d’environ un millier d’oeuvres, a été publié sous la forme d’un podium olympique:
Classement
Vous trouverez tous les résultats sur le site de Museum Olympics: http://external.ybca.org/museumolympics/.

mardi 31 juillet 2012

Web TV

Après plus de 15 ans de bons et loyaux services, ma télévision a pris sa retraite. Il s’agissait encore d’un modèle avec un tube cathodique, d’une taille relativement modeste. Autant dire que son successeur, quel qu’il soit, sera plus impressionnant.
powered by Fotopedia
Je me disais qu’un simple téléviseur à écran plat ferait l’affaire. Mais en me promenant dans les travées d’un magasin multimédia, j’ai été frappée par un modèle. Non seulement il s’agissait d’une smart tv, c’est-à-dire d’une télévision qui peut accéder à Internet, mais en plus elle était dotée de commandes vocale et gestuelle. J’ai craqué. L’objet ramené à la maison, j’ai débarrassé vite fait les bibelots de la cheminée. C’est là qu’elle trône maintenant. Les essais n’ont pas été décevants. Bien entendu, on peut faire l’expérience du 3D. Dans ce domaine, les retransmissions des Jeux olympiques de Londres nous gâtent. Presque tout est en 3D. Essayez la natation ou le vélo! Les ralentis sont bluffants. Et on ne parle pas de la F1! Mais l’accès à Internet se révèle très intéressant. La télévision est munie d’un navigateur qui permet de surfer sur n’importe quel site. Pour le gérer, on peut utiliser la télécommande, ce qui est un peu pénible. La commande par geste est plus rapide, quand on a de l’exercice. On peut aussi connecter des tablettes ou des smartphones. Enfin il est aussi possible de connecter un clavier USB. Le plus intéressant est le monde des applications. Il est possible d’installer une application permettant, contre payement, d’assister depuis son salon à un concert d’un orchestre symphonique de renom en direct. Bref, cette télévision n’a plus grand chose à voir avec le tube cathodique de grand-papa. Elle permet au téléspectateur d’être actif. Figurez qu’avant l’achat de cet appareil, la télévision constituait pour moi une sorte de somnifère. J’arrivais rarement au bout d’un épisode des Experts ou bien je fusionnais deux épisodes en un (avec quelques contradictions dans l’intrigue). Depuis que cette smart tv trône dans mon salon, Morphée a perdu toutes ses batailles. Peu importe sa marque (en l’occurence, il s’agit d’une marque coréenne), elle démontre une fois de plus que l’avenir d’Internet ne réside pas seulement dans les ordinateurs. Au fait, je dois encore tester Skype sur ma nouvelle télé!

samedi 30 juin 2012

Université virtuelle

Apple a lancé en janvier une nouvelle application pour ses appareils mobiles: iTunes U. Cette application permet de suivre des cours provenant d’Université du monde entier ainsi que de collèges ou de divers institutions comme des musées ou des bibliothèques. Ces cours sont offerts sous forme de vidéos ou de podcasts. Parfois une documentation complémentaire est également disponibles. La majorité des contenus sont en anglais, mais on trouve certains cours dans d’autres langues comme le français (Collège de France par exemple) ou l’allemand.
iTunes-U
Les cours couvrent une grande variété de domaines: sciences, mathématiques, robotique, informatique, mais aussi histoire, archéologie, littérature, sciences sociales, etc. Il est possible de suivre des cours provenant d’universités prestigieuses comme Standford, Oxford. Quand on regarde le détail, il y a des cours introductifs, d’autres plus spécialisés. Les vidéos sont souvent des plans fixes, avec quelques diapositives. Parfois on a affaire à un montage plus soigné. Tous les cours sont gratuits. Dans certains cas cependant, le cours disponible dans iTunes U est un produit d’appel n’offrant que des extraits. Il faut acquérir le cours complet dans Apple Store.
Cette application ouvre des perspectives intéressantes dans le domaine de l’éducation. Elle ne remplacera certainement pas les instituts d’enseignement. Elle permet d’accéder au savoir depuis chez soi, de comparer les contenus pour choisir l’université ou le cours qui nous convient. Elle permet aussi de transformer le format des cours, de l’étendre. Une partie du cours se fera en classe, alors qu’une autre pourra être suivie à distance.

vendredi 29 juin 2012

Pinterest: le plus muséal des réseaux sociaux

Flickr est un site de partage d’images avec des fonctionnalités sociales qui avait certainement une vocation muséale. Il a réuni en quelques années plusieurs milliards d’images que ses utilisateurs ont indexées. You Tube est devenu une sorte de musée de la télévision dont le curateur est l’ensemble de ses contributeurs. Avec l’arrivée de Pinterest, voici un nouvel acteur dans les réseaux sociaux à vocation muséale. Pinterest permet de partager les images présentes sur le Web qui nous ont frappé ou les images des utilisateurs. Le résultat est magnifique: des images de grande beauté sur la page d’entrée, comme si un curateur les avait choisi. En fait de curateur, c’est la communauté qui les choisit. Cette prépondérance de l’esthétique explique peut-être pourquoi Europeana, la ressource virtuelle de l’Europe en matière de musée virtuel a choisi d’être présente sur Pinterest. Le résultat? Plusieurs galeries d’images sur des thèmes comme l’art nouveau, Barcelone dans le passé , …
Europeana in Pinterest

samedi 2 juin 2012

Leçon d’astronomie grâce à la réalité augmentée

Quoi de plus romantique que d’admirer les étoiles dans le ciel nocturne ? C’est encore mieux quand on connaît le nom des constellations et des divers corps célestes. Le petit manuel d’astronomie et la lampe de poche, c’est désormais fini. Il suffit de se munir de son iPhone ou de son iPad, d’installer l’application “Carte du ciel” et de se coucher sous les étoiles. L’écran montre tous les corps célestes qui se trouvent dans la direction où il est pointé. L’utilisateur peut faire apparaître des informations en surimpression à propos de chaque étoile ou planète. Il est possible aussi d’agrandir la partie du ciel observée ou de visualiser certains objets comme la lune, le soleil, les planètes en 3D.
Carte du ciel
Cette application est un exemple de réalité augmentée, c’est-à-dire la superposition d’informations sous forme de texte, d’image ou d’objets en 3D à ce que nous percevons de la réalité et ceci en temps réel. La réalité augmentée semblait hors de portée il y a quelques années, quand il fallait de lourds dispositifs pour en faire l’expérience. Je me souviens d’avoir essayé un système de réalité augmentée il y a une dizaine d’année à Ars Electronica, à Linz en Autriche. J’ai enfilé une combinaison par laquelle j’étais suspendue. Je portais un casque avec des lunettes qui étaient en fait des écrans sur lesquels je me voyais voler sur un paysage urbain futuriste.
Ars Electronica
Mais grâce aux tablettes et aux téléphones portables, c’est une époque révolue. Les programmeurs ont su tirer parti d’éléments comme le GPS, la boussole, l’accéléromètre (pour situer l’appareil dans l’espace en temps réel), l’écran, l’appareil photo ou la caméra (pour la superposition d’informations). La réalité augmentée peut avoir de multiples usages: guides touristiques, reconstitutions de monuments antiques, éducation, art, etc. Gageons qu’elle va prendre une place de plus en plus grande dans notre paysage informationnelle.

Virtual Broad Art Museum

Eli et Edythe Broad consacrent une partie de leur immense fortune à des projets liés à l’éducation, la science et les arts. Grâce à un don de 26 millions de dollars, l’Université d’Etat du Michigan se verra doté d’un musée consacré à l’art. Ce musée présentera des collections allant de l’Antiquité à l’art contemporain. Le bâtiment présentant des surfaces d’exposition de plus de 18’000 m2 a été dessinée par l’architecte Zaha Hadid. Dans l’attente de l’ouverture du musée, prévue en automne 2012, le Eli and Edythe Broad Art Museum vient de lancer son pendant virtuel.
Créé par des artistes de renommée internationale, John Fillwalk et Adam Brown, l’espace virtuel reflète l’architecture du musée réel, conçue par Zaha Hadid, et fournit un lieu novateur et accessible de partout pour la présentation  d’œuvres numériques interactives. Quatre œuvres originales ont été créées par John Fillwalk pour le lancement du projet.
Virtual Broad Art Museum - Flickr Gettr
Parmi celles-ci, on peut mentionner Flickr Gettr qui connecte la plateforme de partage d’images Flickr à l’environnement virtuel du musée. Le visiteur entre un mot dans un champ de recherche et les images liées à ce terme apparaissent. L’application génère aussi un nuage de mots associés, ce qui permet de varier les images.
Virtual Broad Art Museum - con|FLUENCE
Les visiteurs de l’exposition con|FLUENCE créent des chemins basés sur les réactions à l’environnement tant social que spatial. Pour l’instant, le musée semble un peu vide. Des oeuvres d’autres artistes seront progressivement intégrées dans l’espace virtuel.
Pour visiter le musée, il n’est pas nécessaire de créer un compte. Après être entrés dans le musée virtuel, les visiteurs sélectionnent un avatar pour se déplacer à travers l’espace grâce au clavier ou à la souris. L’avatar est réduit à sa plus simple expression, plutôt forme que personnage. Les visiteurs ont la possibilité d’interagir avec d’autres utilisateurs grâce à une fonction de chat. Il est aussi possible de tenir des conférences virtuelles et des spectacles avec un maximum de 100 visiteurs.
Le musée a été créé avec le logiciel Unity 3D qui nécessite l’installation d’un plug in. Les visiteurs du musée virtuel peuvent l’explorer en utilisant leur navigateur Web.

Ne manquez pasl'éclipse de lune

On ne réjouissait de pouvoir observer une éclipse totale de lune, d’admirer une lune rousse dans le ciel noir. Le ciel nocturne est voilé. Manque de bol! Grâce à Internet, il est possible de voir tout de même notre satellite coloré de rouge. Un site permet de visualiser les images prises par des télescopes répartis dans le monde.
Eclipse de lune sur Slooh
Slooh est une société qui permet aux astronomes amateurs d’utiliser à distance des télescopes (source).
http://eclipse.slooh.com/ (http://www.slooh.com/)
Par ailleurs, Google a publié sur sa page une animation montrant le phénomène de l’éclipse.
Eclipse sur Google

Promenade virtuelle dans un cimetière

Les cimetières sont des lieux intéressants, notamment ceux des grandes villes. Ils abritent des tombes de personnalités. Ils recèlent également des sculptures remarquables. De fait, ils sont souvent visités par des touristes. La ville de Lyon offre désormais la possibilité d’effectuer une promenade virtuelle dans le cimetière de Loyasse.
Cimetière de Loyasse
Cimetière de Loyasse
Cimetière de Loyasse
Le système de navigation est celui de Street View. En cliquant sur certaines tombes, on obtient des informations sur le monument. Il est aussi possible de voir l’intérieur de caveaux remarquables.